Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 26.1882

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LE SALON DE GRAVURE1

Les graveurs ne sont pas
traités par les visiteurs du Sa-
lon avec toute la considération
qu'ils méritent : la foule ne
se porte pas du côté de leur
exposition. Il y avait là pour-
tant des œuvres fort intéres-
santes ; l’ensemble nous paraît
même supérieur à celui des
années précédentes. Cette in-
différence du public n’a rien
qui nous surprenne : après
avoir parcouru l’interminable
piste de la peinture, il ferait
réellement montre d’un cou-
rage exceptionnel s’il consen-
tait à venir soumettre ses yeux
n.a. ~~ _ • fatigués à une épreuve nou-

~ ~ velle ; épreuve plus doulou-

reuse encore que la première, car elle réclame une attention soutenue.
Ici, il faut laisser toute espérance de rencontrer sur son chemin quelqu’un
de ces incidents gais dont la fantaisie et souvent l’incapacité de certains
peintres font tous les frais dans les salles voisines, et qui atténuent sin-
gulièrement les fatigues du voyage.

L’art du graveur est un art intime, sérieux même quand il traite de
sujets qui ne le sont pas; jamais il ne prête à rire. C’est là un défaut capi-
tal au sentiment du gros du public ; pour que l’on consentît à l’oublier, il
faudrait que le Salon de gravure se produisît seul, à l’abri de toute con-

I. Un accident d’imprimerie nous empêche de publier la suite du Salon de Pein-
ture. Le travail de M. Antonin Proust paraîtra dans la prochaine livraison.
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