Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 26.1882

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LE MUSÉE DES MOULAGES

AU TROCADÉRO

En toutes choses, l’essentiel est de com-
mencer. On vient d’ouvrir au public les cinq
premières salles du musée des moulages du
Trocadéro. L’œuvre est née, le reste suivra, et
la France sera dotée enfin d’un musée dont
l’extrême importance pour l’enseignement des
arts et même pour l’éducation générale du
public était depuis longtemps reconnue. Nous
étions en cette matière fort en retard sur nos
voisins. Nous pouvons regagner le terrain
perdu, mais à la condition que le développe-
ment qu’on est en mesure de lui donner ne
soit point entravé par de mesquines considé-
rations d’économie et surtout à la condition
que sa portée historique reste le principe
fondamental de son organisation.

L’inauguration du musée du Trocadéro a
été accueillie avec la plus grande faveur. C’est
à l’administration de ne pas s’endormir sur un succès d’aussi bon augure
et de poursuivre avec activité son travail.

Nous avons de sérieuses critiques à formuler et nous les formule-
rons avec franchise ; mais, quelles que soient nos idées personnelles,
nous considérons comme le plus simple des devoirs de payer un large
tribut de reconnaissance à la mémoire du grand artiste, de l’esprit émi-
nent dont les convictions ardentes pouvaient seules triompher de notre
apathie et de nos habitudes routinières. C’est Viollet-le-Duc qui est le
véritable fondateur, qui est encore aujourd’hui l’àme vivante de ce musée.
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