Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 26.1882

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LE CRUCIFIX DE MARBRE

DE BENVENUTO CELLINI1

ellini raconte dans ses Mémoires qu’il fit vœu de
reproduire l’image du Christ telle qu’elle lui était
apparue dans une vision, au temps où il était pri-
sonnier au château Saint-Ange. Ce n’est pourtant
qu’à Florence, vers l’année 1556, qu’il put com-
mencer à mettre son projet à exécution ; il travailla
son marbre avec ardeur, et l'œuvre fut assez promp-
tement terminée.

L’artiste, qui avait entrepris et achevé cet ouvrage avec ses seules
ressources personnelles, eut d’abord la pensée de le placer sur son propre
tombeau, dans l’église de Santa-Maria-Novella. Les religieux du cou-
vent avaient accepté le Crucifix avec empressement; mais quand il s’agit
de concéder la faculté de construire la tombe, ils dirent avoir besoin
d’en référer aux marguilliers. Cellini fut blessé du procédé, et, malgré les
instances des marguilliers eux-mêmes, il ne voulut plus entendre parler de
laisser son Christ à leur église ; alors ce fut à celle de la Nunziata qu’il le
destina. Sur ces entrefaites, Cosme, à qui on en avait parlé, vint le voir en
compagnie de la duchesse Eléonore, et Benvenuto, flatté des éloges que
lui prodiguèrent ses augustes visiteurs, consentit à se priver de son Cru-
cifix pour le leur offrir. Il le dit dans ses Mémoires, et l’on en trouve la
preuve dans ce passage d'une lettre du 26 décembre 1557, adressée au

L’étude que nous publions ici est empruntée à un travail considérable de
M. Eugène Plon sur Benvenuto Cellini et son œuvre. Ce travail, d’un intérêt très
nouveau, paraîtra prochainement en un volume de luxe illustré d’un grand nombre
de reproductions. Notre collaborateur, M. Bonnaffé, en publiera un compte rendu
dans la Gazelle des Beaux-Arts.

( N. D. L. R. )
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