Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 17.1864

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LA MAJOLIQUE ET LA PORCELAINE

DE PERRARE1

II.

lphonse ier, avec l’activité de son esprit, ne
pouvait s’en tenir aux majoliques, où il trouvait
trop d’obstacles à vaincre avant de surpasser la
vogue des manufactures déjà établies de longue
date, il devait imaginer des choses neuves pour
laisser les autres derrière lui. Un document des
archives de Modène , tombé dans nos mains,
nous permet d’ajouter un titre de gloire nouveau
et inconnu à ceux qui appartiennent déjà à ce prince comme protec-
teur des arts et de l’industrie. De ce document, en effet, résulté, jus-
qu’à l’évidence, la preuve qu’on lui doit les premiers essais qui aient
été faits en Europe, dans le but d’y introduire la fabrication de la por-
celaine, à l’imitation des Orientaux.

La céramique moderne se divise en deux branches : celle des terres
(vernissées ou émaillées) et celles des porcelaines. La première, comme
on l’a. vu, a une origine fort antique en Italie, d’où elle s’est répandue
dans les autres pays d’Europe; la seconde est en honneur depuis un
temps immémorial dans les Indes, en Chine et en Perse. Cette charmante
invention de l’Asie était déjà connue par les relations des voyageurs
avant d’avoir été importée en Europe. Marco-Polo, rentré à Venise en 1296,

I. Voir la livraison d’août.
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