Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 17.1864

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COLLECTION DE M. LE DUC DE LUYNES.

Zill

il importe d’étudier la série des villes confédérées avec Corinthe pour l'ex-
pédition de Titnoléon contre le tyran Denysde Syracuse, celle delà Ligue
Achéenne, et surtout les statères d’or et les tétradrachmes chargent frap-
pés au nom d’Alexandre le Grand, dans le champ desquels, à côté de la
Victoire et du Jupiter aêtophore, on rencontre les symboles d’une quan-
tité de villes grecques et asiatiques, comprises depuis la Chersonèse
Cimbrique jusqu’à l’Égypte dans une direction, et depuis l’Acarnanie jus-
qu’aux rives de l’inclus dans l’autre sens. L’origine la plus commune des
symboles accessoires sur les médailles des villes se rattache à l’usage,
prouvé par les fameuses Tables d’iïéraclée, qu’avaient les magistrats de
choisir un symbole particulier, plus ou moins directement en rapport avec
leur nom, qui devenait comme le complément de leur signature.

II.

Le genie hellénique resta fidèle aux règles que nous venons d’esquis-
ser, tant que dura l’indépendance des villes grecques; partout où se per-
pétuèrent les formes de l’autonomie, les influences étrangères ne modi-
fièrent que très-peu les anciennes habitudes. Au contraire, clans la série
dite des impériales grecques, — que les fins amateurs de l’art, comme
M.le duc de Luynes, dédaignent, bien quelle fournisse sous d’autres rap-
ports d’amples sujets d’études — les types compliqués, purement allé-
goriques, historiques et topographiques sont indéfiniment multipliés. A
tel point qu’un savant architecte anglais, M. Donaldson, a pu consacrer
un ouvrage entier à l’étude des monuments d’architecture retracés sur
les impériales grecques et les monnaies de coin romain.

Rien de semblable n’avait eu lieu dans les beaux siècles de
l’art, à l’exception de la médaille vraiment topographique de Zanclé,
l’ancienne Messine, dont on trouvera la figure à la page suivante et
cpii représente en plan la fameuse faux dont le port de cette ville
dessine la forme, avec le relief des édifices construits tout autour du
port (encore la faux, ùpli-avov, est elle-même un emblème mythologique);
à l’exception aussi du petit nombre de pièces sur lesquelles on voit
des tombeaux ou d’autres édifices de forme pyramidale. Le type de
la délicieuse monnaie de Térina clans la Grande-Grèce, qui figure en tête
de lettre au commencement de cet article, combine très-ingénieusement
la représentation d’un des monuments principaux de la ville avec un
sujet mythologique. On y voit la Victoire remplissant une hydrie à la
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