Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 25.1882

Page: 40
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/gba1882_1/0048
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
RIBERA

E T

SON TABLEAU DU « PIED-BOT » AU LOUVRE

aples, au temps de la domination es-
pagnole, et particulièrement pendant
le règne de Philippe IV, voyait ses vice-
rois s’entourer d’autant de faste et
d’apparat qu’en pouvait déployer à Ma-
drid le monarque lui-même. Ils avaient
leurs grands-officiers, leur garde per-
sonnelle, tous les dehors, enfin, de la
royauté et les antichambres de leur
palais n’étaient pas moins peuplées de
solliciteurs et de courtisans que le Buen
Retiro et l’Alcazar royal. De même que Philippe IV avait pour peintre
Velâzquez, les vice-rois eurent aussi leur pinlor de (amant. Ce fut Ribera
qui obtint le premier ce titre, et il sut le conserver sous le gouvernement
des ducs d’Osuna, d’Albe, de Médina de las Torres, du comte de Mon-
terey, du duc d’Arcos, de l'amiral de Castille, du comte d’Ohate et de
quelques autres encore qui ne firent guère que passer au pouvoir.

Presque tous ces personnages se montrèrent d’enthousiastes admira-
teurs du talent de Ribera; ils protégèrent l’artiste à l’occasion de ses
démêlés, parfois tragiques, avec ses rivaux italiens, le comblèrent de com-
mandes, et, dans le nombre, il en est peu qui ne tinrent à honneur de
rapporter à Madrid quelques-uns de ses ouvrages.

Obéissant à un goût traditionnel chez les princes de sa maison, Phi-
lippe IV aimait et’cherchait à augmentersans cesse sa collection deportraits
de bouffons, de nains, d’êtres grotesques ou difformes. Par esprit d’imita-
tion ou decourtisanerie, quelques grands affectèrent de partager le même
caprice et Ribera, tout comme il en arrivait à Velâzquez, dut cà diverses
loading ...