Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 25.1882

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COLLECTIONS DE M. SPITZER

MEUBLES ET BOIS SCULPTÉS

i.

« C’est une philosophie que,
quand les chambrières y auront
pensé, elles jugeront que, sans
bois, il est impossible d’exercer au-
cun art ». Ainsi parle le vieux Pa-
lissy, et il a raison : pour une foule
d’industries, le bois est un élément
indispensable ; pour l’art du meuble
en particulier, c’est la matière par
excellence.

Plus souple et moins fragile que
le marbre et la pierre, plus chaud,
plus élastique, d’une exploitation plus facile, plus tendre à l’outil ; suscep-
tible, par sa nature fibreuse, de soutenir de longues portées et de se jeter
dans le vide, sans tenons ni supports, le bois a encore l’avantage de mul-
tiplier ses surfaces et de se prêter à toutes les formes par son affinité
pour la colle et l’extrême cohésion de ses assemblages.

Certaines essences d’un grain serré, fin, compact, admettent toutes
les délicatesses de la ciselure et rivalisent avec le bronze ; d’autres ont
l’éclat et le poli du marbre, l’élégance de ses veines et de ses taches, la
variété de ses nuances, depuis le noir profond de l’ébène jusqu’au blanc
laiteux de l’érable. Les bois les plus communs, le chêne et le noyer
mêmes, prennent en vieillissant ces belles patines brunes ou blondes,
chères aux délicats. On teinte le bois comme la laine ou la soie, on le
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