Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 25.1882

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COLLECTIONS DE M. SPITZER

LES ARMES

ie ux que les autres productions des grands ar-
tisans d’autrefois, les vieilles nobles armes, nous
l’avons déjà dit, évoquent par leur aspect l’image
du passé. Elles représentent non seulement les gra-
dations de son luxe, mais aussi les changements
successifs de ses mœurs militaires.

Haches, marteaux d’armes, espadons, fauchards,
piques et pertuisanes qui ont meurtri, pourfendu, transpercé, balafré
en champ clos, en batailles, en embuscades ou dans quelque assaut de
forteresse, présentent à notre imagination une pensée de turbulence
guerrière. Surtout la vue des fières épées, jadis responsables de l’honneur
des gentilshommes, suscite bien des sujets de rêveries, bien des idées
d’extravagances romanesques, d’actions bravaches, de duels par paires
ou par quadrilles, d’aventureuses équipées ou de tendres rendez-vous
nocturnes. Une rodomontade espagnole, citée par Brantôme, disait à
propos cl’une rapière : « O épée! si tu savais parler!...1 ».

Quant aux armures, ces carapaces d’acier qui semblent encore renfer-
mer la vie, elles aussi ont dans leur physionomie cette même prérogative
de provoquer d’attrayantes visions où rayonnent les vieilles gloires de
tous ceux-là « dont la guerre fut le tombeau ».

Ce spectacle, fantôme des temps chevaleresques ou galants, nous est
donné d’abord par la vue des plus belles armes. Dans leur éclat ou leur
luxe à outrance se lisent bien des chapitres de l’histoire. Batailles aux

'I. O espcidcij, si supieses hablar, clixeres quanlos hombres matasleis.
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