Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 25.1882

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EXPOSITIONS DE LA ROYAL ACADEMY

ET DE LA GROSVENOR GALLERY

'exposition de la Royal Academy est, cette année, assez peu
intéressante. Les peintres en renom n’envoient pour la plupart que des
œuvres d’une importance secondaire ou inférieures à celles qu’ils
avaient l’année dernière. L’honorable président de l’Académie, Sir
Frederick Leighton, ne se montre point en veine avec les personnages
à mi-corps de son Melittion et de son Daij drecim. M. Alma-Tadema
n’a qu’un portrait qui ne saurait remplacer les sujets antiques qu’il peint d’habitude.
M. Povnter qui, dans le genre classique, élabore généralement des compositions compli-
quées, n’envoie cette fois-ci rien d’important. M Watts n’a que deux portraits qui ne
sauraient prendre rang parmi ses meilleurs. M. Millais, lui, tient la même place que
l’année dernière et de la même manière, en exposant sept portraits. Les portraits de
M. Millais nous avaient paru médiocres l’année dernière et au-dessous de ce qu’on
était en droit d’attendre d’un artiste de sa valeur; ils nous paraissent également
médiocres cette année. Les murs des salles de l’Académie sont couverts de portraits,
et ceux de M. Millais, répartis au milieu des autres, ne se découvrent point à première
vue ; à l’exception peut-être d’un ou deux, notamment celui du cardinal Newman, ils
rentrent dans la moyenne. Sur le catalogue, on serait fort empêché d’en faire le
triage. Où est l’époque où M. Millais, dans les recherches d’effets nouveaux, envoyait
des tableaux qui faisaient trou sur la muraille et, par leur originalité et leur hardiesse,
se distinguaient de tout ce qui les entourait?

Parmi les peintres membres ou associés de l’Académie, MM. Orchardson et Herko-
rner sont les seuls, cette année, qui nous paraissent avoir exposé des œuvres qui les
constituent en progrès sur eux-mêmes. M. Orchardson expose un portrait de femme,
Mrs Robertson. Le modèle, grandeur nature, vêtu d’une robe velours noir, est assis
sur une chaise longue, dans un intérieur. C’est là une œuvre sincère et personnelle,
pleine de saveur et bien anglaise.

M. Ilerkomer ayant reçu de l’Exposition universelle de Paris, en 1878, une mé-
daille de première classe, a vu les yeux du public anglais immédiatement fixés sur lui.
Ilapenséque, dans ces conditions, il lui fallait faire grand, fairedu style. Je ne crois pas
que cela lui ait réussi, et l’année dernière, entre autres, il exposait des toiles où, sous
pretexte de style, la tension des lignes et la recherche de l'effet se montraient d’une
façon désagréable. Cette année, son œuvre est double: dans une part on sent encore la
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