Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 25.1882

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LES LIVRES EN COULEUR

PUBLIÉS EN ANGLETERRE, POUR L’ENFANCE

EFUis quelques années, les artistes et de trop
rares amateurs recherchent avec empressement
ôertains albums d’images coloriées auxquels,
sur l’énoncé de leur titre et des histoires enfan-
tines qu’il promet, on ne serait guère tenté de
réserver les honneurs de la bibliothèque. En
Angleterre, où ces albums sont composés et
imprimés, c’est par centaines de mille qu’on les
vend; aux États-Unis, ils ont une telle vogue que
d’ingénieux libraires, désireux de répondre à la curiosité publique, croient
pouvoir se dispenser de recourir aux éditeurs-propriétaires; pour gagner
du temps, ils créent de toutes pièces un fac-similé de l’original et l’ex-
ploitent bravement pour leur propre compte.

11 en sera ainsi tant que l’axiome d’Alphonse Karr : « La propriété
littéraire est une propriété, » n’aura pas reçu en tous pays la consécra-
tion d’une bonne loi de protection. Mais ce n’est pas ici le lieu de nous
étendre sur la nécessité de réprimer le délit de piraterie littéraire;
au surplus, pourrait-on dire aux Anglais eux-mêmes : Patere legem
quam ipse fecisli, car nos auteurs dramatiques savent à quoi s'en tenir
sur le respect qu’on professe, de l’autre côté de la Manche, pour le bien
d’autrui.

Quoi qu’il en soit, et étant admis que nos voisins se plaisent à imiter
nos pièces de théâtre, nous sommes conduits par la force des choses à
reconnaître la supériorité de certaines productions de leur librairie. Ils sont
passés maîtres, notamment, dans l’art de composer les livres destinés à
l’enfance, les seuls dont nous voulons nous occuper en ce moment.

Cette supériorité tient à plusieurs causes que nous allons examine^
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