Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 25.1882

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UNE MAISON DE BANQUE AU XIX* SIÈCLE

LE NOUVEAU COMPTOIR D’ESCOMPTE

CONSTRUIT PAR M. ÉD. CORROYER

es grands banquiers du temps passé
élevaient pour eux-mêmes de si
somptueuses demeures que le Palais
de Justice de Bourges se trouve trop
au large dans la maison de Jacques
Cœur ; que la préfecture dé Florence
s’est logée dans le palais Riccardi,
bâti par les Médicis, et que la façade
peinte de la maison des Fugger est un
des monuments publics d’Augsbourg.
Mais nous ne savons pas ce qu’étaient
les comptoirs de ces banquiers des empereurs et des rois. Il n’en sera
pas de même à l’avenir pour le siège des compagnies financières, qui
remplacent aujourd’hui les puissantes individualités d’autrefois.

Partout où s’élève une bâtisse contrastant quelque peu avec la bana-
lité des entassements d’étages qui constituent nos maisons modernes, on
peut être certain que c’est le frontispice, et un peu l’enseigne, de quelque
établissement de crédit, qui le peut faire d’autant plus considérable qu’il
se croit plus important lui-même.

Aussi le vieux Comptoir d’escompte, ayant à renouveler ses installa-
tions, vient d’obéir à la mode nouvelle en élevant, dans l’axe de la rue
Rougemont, le pavillon monumental qui sert d’entrée au hall autour du-
quel sont distribués tous les services où le public peut avoir affaire.

C’est un des caractères des établissements financiers, commerciaux et
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