Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 25.1882

Page: 154
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LA

SITUATION ACTUELLE DES INDUSTRIES D’ART

EN FRANCE

ans son remarquable rapport sur les
arts à l’Exposition internationale cle
Londres, en 1853, M. le comte Dela-
borde écrivait ces lignes : « Il est des
victoires qui équivalent à des défaites,
et celle que remporta la France à l’Ex-
position de Londres aurait ce carac-
tère, si nous ne l’acceptions pas comme
un sévère avertissement. En effet, le
jury des Beaux Arts constata, et tous les
visiteurs intelligents ont dû le recon-

naître, que nous avions une supériorité générale qui tenait moins au génie
de la nation, aux règles précises d’une esthétique supérieure, au choix heu-
reux des modèles, qu’à un goût fin et distingué qui plane sur tout, qui fait
excuser les plus fâcheux écarts, en faisant valoir les plus modestes inspi-
rations et jusqu’aux moindres créations. Pour nous, la question est de
savoir si ce goût sera longtemps notre monopole ; si au contraire les
nations étrangères, nos rivales, ne marchent pas rapidement èi la con-
quête de cette toison d'or, sinon pour nous l'enlever, au moins pour la
partager avec nous. » Les craintes que formulait l’éminent écrivain
étaient, hélas! fondées; les événements postérieurs, et notamment l’Expo-
sition universelle de 1878, les ont confirmées. La concurrence étrangère,
dont il constatait l'imminence avec cette prescience que donnent aux
esprits impartiaux une observation approfondie des faits et l’étude des
transformations économiques et sociales qui modifient si radicalement, à
l’insu des ignorants et des hommes superficiels, les conditions de la produc-
tion d’un pays, la concurrence s’est développée avec rapidité, est devenue
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