Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 25.1882

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

C’est un jeune garçon qu’on y peut reconnaître, portant aussi les insignes
impériaux et la Map pu cire émis en main.

Or, si l’on établit une relation entre les deux personnages ainsi repré-
sentés, la jeune femme et le jeune garçon, on est amené à penser que
Théodore 11 étant monté sur le trône de Constantinople à l’âge de huit ans
étayant eu pour régente, alors qu’il était âgé de quatorze ans, sa sœur Pul-
chérie, d’un an plus âgée que lui, il pourrait bien être question de ces
deux personnages dans ce feuillet de diptyque qui a reçu du temps une
chaude patine bronzée.

Mais Pulchérie, bien qu’elle exerçât le pouvoir, pouvait-elle se parer des
insignes impériaux?Et puis cela se passait en l’année h\h et le style de cet
ivoire est déjà bien décadent pour le commencement du v° siècle, si on le
compare à celui du beau diptyque de Monza, qui est précisément de ce
temps et qui rappelle encore l’art antique par l’exactitude du dessin, le
jet des draperies et la souplesse de son exécution.

Montfaucon, qui a publié l’ivoire qui nous occupe dans la planche XXVI
des Monuments de la Monarchie française, 1.111, p. h 5, croit qu’il représente
l’impératrice Placidie, mère et tutrice de Valentinien, nommé empereur
d’Occident en A23; et la même objection, quant au style, se présente ici
comme pour Pulchérie. Des personnages de quelques siècles postérieurs
feraient mieux notre affaire, car le costume et le style du feuillet de
diptyque deM. Spitzcr rappellent ceux de l’impératrice Théodorade Saint-
Vital de Ravenne, et même la sainte Praxède de l’église du même nom à
Rome, figures en mosaïque qui sont, la première, du vic, la seconde du
ixc siècle.

Or l’impératrice Irène qui gouverna pour l’empereur Constantin IV
Porphyrogénète, monté sur le trône d’Orient en 780, à l’âge de dix ans,
rentrerait mieux que les précédentes dans les conditions de temps et aussi
bien dans les conditions d’âge, car elle avait vingt-huit ans lorsque cet
événement s’accomplit.

Deux feuillets de diptyque, un peu différents par la qualité et le ton
de la matière ainsi que par quelques détails, mais qui se font pendants
néanmoins, étant des reproductions probables d’un type consacré, nous
semblent appartenir au vu siècle. L’un représente saint Pierre en pied,
non nimbé, bénissant à la latine, portant le livre et les clefs, les jambes
couvertes de chausses quadrillées et les pieds munis de sandales ;
l’autre représente saint Paul, d’un type juif très exagéré, les pieds nus,
mais chaussés de sandales. Ils sont debout, tous deux sous des arcs portés
par des chapiteaux pseudo-corinthiens, dont l’arc abrite une coquille.

Ce sont des œuvres de ciselure plutôt que de sculpture, leur surface
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