Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 25.1882

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

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Fra Bartolommeo fournit à M. de Tauzia l’occasion d’un de ces redres-
sements d’attribution où il excelle : des sept ou huit pièces de la collec-
tion, données jusqu'ici au grand Dominicain, il ne lui en laisse que deux:
le Portement de Croix} d’après Martin Schongauer (Bartsch, n° 16 de
la Passion, t. VI, p. 126), et deux Saintes, sur un même carton, d’après
quelque maître allemand; le Christ et la Samaritaine, avec deux études
de Vierge au verso, figure dans le nouveau catalogue comme attribué
seulement à Fra Bartolommeo; quant à la Présentation au Temple, à la
Madeleine agenouillée devant le Christ et à la Vierge et l’Enfant, M. de
Tauzia n’hésite point à les restituer à Mariotto Albertinelli, le collabora-
teur ordinaire du Frate, et cela pour d'excellentes raisons, brièvement
exposées dans deux notes d’une critique probante et sûre ; la Présenta-
tion au Temple n’est en effet qu’une étude, sauf quelques modifications
dans l’exécution définitive, pour l’un des compartiments du célèbre ta-
bleau de la Visitation, aux Offices de Florence, tableau qui porte la date
de 1503, époque où Bartolommeo avait déjà abandonné la peinture. Au
verso de cette étude, cinq figures d’anges volant dans les nues et vêtues
de draperies transparentes: cette ronde à draperies flottantes se retrouve
sur un dessin des Offices donné à Bartolommeo, mais qu’il convient de
restituer aussi à Albertinelli, Du reste, la confusion entre le maître et ses
disciples est excusée quelquefois, soit par l’analogie de la manière même
soit par la similitude des sujets. Moins excusable est l’attribution au Frate
d’une première pensée (Offices), pour Y Adoration des Mages de l’église
S. Domenico à Pistoja : ce beau tableau d’autel a été peint par Fra Pao-
lino del Signoraccio, vers 1536, vingt ans environ après la mort de son
maître, et d’ailleurs le projet des Offices offre, dans P arrangement et dans
le caractère de certaines figures, des particularités qui dénotent une tout
autre main que celle de Bartolommeo; le dessin est certainement dû au
même auteur que le tableau.

L’apogée de l’art italien est dignement représenté; tous les grands
noms du riche et éclatant xvic siècle se pressent en groupe serré : Raphaël
avec une belle figure d’évêque bénissant de la main droite, la main gauche
appuyée sur un livre; au verso, un magistral croquis d’homme nu
vu de profil; — son classique élève Jules Bomain avec trois études de
sa belle facture; — le Corrège, dont une grasse sanguine d’Eve, pour une
figure de la coupole du dôme de Parme, a toutes les séductions de forme
et de couleur ordinaires au maître, et est un de ses plus beaux dessins;
ainsi que la première pensée de la figure de sainte Catherine agenouillée
du tableau le Mariage mystique, qui, de la collection du cardinal A. Bar-
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