Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 25.1882

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UNE RIVALITÉ D'ARTISTES AU XVIe SIÈCLE.

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les peintres-verriers français Guillaume Marcillat et Claude, l’orfèvre
Caradosso, qui a perpétué les traits de Bramante dans une admirable mé-
daille, étaient ses clients, ses protégés. Au-dessous d’eux s’agitait une
armée d’entrepreneurs, d’inspecteurs, de vérificateurs, de maîtres maçons,
de sculpteurs, tous attentifs à saisir au passage un regard, un sourire de
leur chef.

Le principal allié de Michel-Ange dans cette lutte mémorable était
Giuliano. da San-Gallo. L’illustre architecte florentin était depuis longtemps
lié avec son jeune compatriote : c’était lui qui l’avait présenté au pape,
lui avait fait obtenir la commande du tombeau, celle des fresques de la
Sixtine. La solidarité de leurs intérêts et la commune haine contre les
Urbinates cimenta encore leur alliance.

Mais que pouvait l’artiste tombé en disgrâce contre la faveur de jour
en jour grandissante de son heureux rival ! Sans doute, il n’y eut pas rup-
ture proprement dite entre le pape et lui, comme le rapporte Vasari; leurs
relations devinrent plus froides,voilà tout; mais cela suffisait, en présence
d’un concurrent aussi entreprenant, aussi absorbant que Bramante, pour
réduire à néant l’influence de l’architecte florentin. Il ne se vit plus con-
fier que des travaux secondaires. A un moment donné, il quitta même
Borne et reprit du service chez ses compatriotes.

EUGÈNE MÜ NT Z.

( La fin prochainement.)
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