L' art: revue hebdomadaire illustrée — 10.1884 (Teil 1)

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armi les livres précieux faisant partie de la célèbre bibliothèque
de feu M. Ambroise Firmin-Didot, membre de l'Institut, qui
vont être dispersés au gré des enchères dans la seconde semaine
de juin, se trouve un manuscrit, réputé l'autographe même de
Rubens, accompagné de quarante-six pages de dessins de sa

main.

La plus ancienne mention que nous en ayons se trouve
dans le célèbre catalogue du cabinet de Quentin de Lorangère,
rédigé par le savant Gersaint (1744), qui s'exprime ainsi dans
une notice biographique sur Rubens (p. 70 de la Table des
maîtres) : «... Il sçavoit parfaitement sept langues, dont il
faisoit usage à l'occasion, et sur tout la langue latine dont il se servoit ordinairement quand il
écrivoit aux sçavans, avec lesquels il avoit relation, et aussi pour toutes les observations qu'il
faisoit sur la peinture. Nous en avons la preuve par un manuscrit de sa main, que possède
actuellement M. Huquier, graveur et marchand d'estampes, et qu'il se propose de donner un jour
au public. Ce manuscrit porte pour titre : De Figuris humants. Il est accompagné d'environ une
cinquantaine de feuilles dessinées et remplies chacune de différentes têtes et attitudes variées qui
ont rapport au discours de ce manuscrit : ce qui fait voir les peines et les soins que prenoit
Rubens pour étudier les divers caractères et les divers effets des mouvemens des hommes. »

Horace Walpole ayant, au siècle dernier, clans ses Anecdotes of painting in England, parlé
d'une copie de ce manuscrit présentée à la Société des Antiquaires de Londres, Mariette, dans
ses notes manuscrites sur cet ouvrage, imprimées de nos jours sous le titre d''Abecedario (t. V,
p. 68), a fait, à deux reprises, des observations contradictoires sur notre manuscrit original. Il
s'exprime d'abord en ces termes : « Le manuscrit qui est à Paris et que j'ai vu entre les mains
du sieur Huquier, marchand d'estampes, n'est lui-même qu'une copie. L'original appartenoit au
sieur Boule, et a péri dans l'incendie qui consuma la maison de ce fameux artiste et une infinité
de précieux dessins et d'estampes, en 1720. Il l'avoit achetté à la vente de M. de Piles. » Dans
une autre note, il dit ce qui suit : « Je ne sçais pas si Voriginal doit être mis sur le compte de
Rubens; je ne l'en trouve pas digne. On en prépare une édition, qui, lorsqu'elle paroistra,
donnera peut-être quelque poids à ma conjecture. Cet ouvrage n'a du reste rien de commun avec
un autre manuscrit original de Rubens que M. de Piles avoit acquis aux Pays-Bas, et qu'il
avoit apporté à Paris. Dans celui-ci, le peintre parloit en homme pénétré de son art, ainsi que
j'en puis juger par un fragment qu'en a fait imprimer M. de Piles concernant les statues
antiques. Rubens s'y rendoit compte des compositions poétiques que son imagination lui suggéroit.
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