L' art: revue hebdomadaire illustrée — 11.1885 (Teil 1)

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L'ART.

Il y a excédent de recettes ; c'est l'art qui doit en profiter, lorsqu'une ville a nom Paris.
Il appartient au Conseil municipal de donner au surplus de son budget l'emploi le plus noble,
en confiant des commandes aux sculpteurs d'un réel talent, pour arriver à transformer la capitale
française en un immense Panthéon.

fin de prêcher d'exemple, nous avons songé à offrir à la Ville
de Paris le modèle d'une première plaque décorative de deux
mètres de haut, à placer à l'angle d'une des rues le plus en vue.
Notre choix s'est arrêté sur la rue Scribe, qui réunit, comme
pas une, toutes les conditions désirables. Au coin, à droite,
en entrant par le boulevard, se trouve la parfumerie Violet,
resol offre de larges surfaces parfaitement dispo-
sées pour la pose d'une des plaques sculptées dont
s'aerit de doter Paris.

Il fallait ensuite trouver le sculpteur de grand
voir et de talent très original qui ne fût point
surchargé de commandes.

Un Alsacien, M. Ringel, ré-
I^Vv%V pondait à souhait aux deux pre-
Lettre composée et dessinée pour l'Art ^^^^f^^^^^^^^^^ 1^^^'^ ' mières conditions et ne rem-

par 1. Habert-Dys. ^BL-L/ ï >k\ ^>M«Y V "ït*^* r 1 • •<

il v, plissait que trop la troisième.

C'est à [lui que nous avons
eu l'honneur de nous adresser.
Le dessin que nous publions aujourd'hui et qui est de l'artiste lui-même, —• un statuaire qui
dessine et qui dessine en perfection, c'est presque un miracle de nos jours ! — ce dessin démontre
à quel point il a justifié notre confiance en son rare mérite et quel caractère monumental a le
modèle que nous serons très prochainement en mesure de prier le Conseil municipal de vouloir
bien accepter.

IV

L'œuvre nous dit la haute valeur de l'artiste ; permettez-nous de vous présenter l'homme, de
vous exposer ses luttes ininterrompues et sa vie jusqu'ici fertile en amères déceptions.

Paul Leroi.

([.a suite prochainement.)

LE PORTRAIT D'INNOCENT X

L'admirable planche, qui sert de frontispice à ce
premier volume de la douzième année de l'Art, a été
gravée directement d'après le chef-d'œuvre de Velazquez,
par M. Emile Buland, pensionnaire de la Villa Médicis,
à qui le noble propriétaire de cet inestimable trésor d'art,
Don Giovanni-Andréa Doria-Pamphili-Landi, prince
de Valmontone et de Melfi, a, pour la première fois,
accordé cette gracieuse autorisation ; nous le prions d'en
recevoir ici l'expression de notre vive reconnaissance.

L'immense palais Doria-Pamphili, de beaucoup le
plus important des nombreux palais élevés à Rome dans
le Corso, est célèbre par sa galerie qui contient au moins
huit cents tableaux, parmi lesquels il en est de tout

premier ordre ; mais, si remarquables qu'ils soient, tous
sont dominés par ce prodigieux Velazquez que l'édition
anglaise du très excellent Cicérone de Jacob Burckhardt
juge si bien en ce peu de mots: « In the Pala^o Doria at
Rome, Innocent X seated — perhaps the best papal
portrait of the century 1. » Pour rendre le jugement encore
plus exact, il n'y aurait qu'à supprimer « perhaps ».

i. « Au Palais Doria, à Rome, Innocent X assis —peut-être le meilleur
portrait papal du siècle. » Page 235 de The Cicérone. An Art Guide to Pailtting
in lialy. For the use of Travellers and Students. Translated from the Germait
of Dr. Jacob Burckhardt by Mrs. A. H. Clough. A net» Edition, revised and
corrected by J. A. Cnowe, author of the « History of Painting in Italy front
the Second to the Sixteenth Century ». London. John Murray, Albemarle
Street. 1879. Un volume in-18 de 3o5 pages.
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