Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 13.1876

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MICHEL-ANGE

POETE i.

La. poésie lyrique, expression in-
time de la pensée du poëte, vaut
généralement ce que vaut l’homme
qui la compose. Dans le drame ou
dans l’épopée, l’écrivain s’identifie
avec ses personnages et sa physio-
nomie propre disparaît sous la multi-
plicité des peintures. Dans la poésie
lyrique, au contraire, il se peint lui-
même et d’ordinaire ne peint que lui.
C’est l’âme qui s’ouvre pour laisser
échapper ses secrets sous la transpa-
rence du vers, comme la forme hu-
maine se devine sous les plis d’un
vêtement léger. Le nom de Michel-
Ange fait penser tout d’abord à la
force et à l’audace ; dès qu’on parle de lui, on se rappelle aussitôt les
créations puissantes que lui doivent trois grands arts, le Moïse; les Tom-
beaux des Médicis, la Chapelle Sixline, Saint-Pierre de Rome. Ses poé- 1

1. Les poésies de Michel-Ange n’ont point été publiées de son vivant; ses contem-
porains n’en connaissaient que quelques-unes, notamment les madrigaux qui furent
mis en musique pendant sa vie; ce fut un de ses neveux qui fit imprimer pour la
première fois, àFlorence, en 1623, le volume des Rime. Plusieurs éditions en ont paru
depuis lors; la seule qui soit conforme aux manuscrits, celle de M. César Guasti, fait
pendant au volume de lettres qui vient d'être publié, cette année même, à l’occasion du
centenaire. La critique française n’avait point attendu cette solennité pour s’occuper de
Michel-Ange, poëte; MM. Viilemain,Vitet, Delécluze, Ch. Clément, ont parlé de ses vers;
M. Lannau-Rolland les a traduits en prose dans un ouvrage spécial; M. Calemard de
Lafavelte, en 1852, à la fin d'un volume consacré à Dante et à Michel-Ange, M. Saint-
Cyr de Ravssac, le 1er janvier 1875, dans la Gazette des Beaux-Artsont traduit en
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