Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 13.1876

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LES

ANTIQUITÉS DE LA TROADE1

xi.

Je crois donc à la réalité de l’existence de Troie et au fait de la
guerre troyenne. Je n’oserais même pas contester trop absolu-
ment l’exactitude du nom de Priam, conservé par la tradition
comme celui du dernier monarque de Troie. La forme de ce
nom n’a rien d’improbable, et la mémoire populaire a sou-
vent conservé certains noms réels, tout en en faisant le centre de tra-
ditions purement fabuleuses. Certainement celui qui lit la légende de
l’anneau de Gygès ou le conte du roi Candaule et de sa femme, tel
qu’il est raconté par Hérodote, pourrait se croire autorisé à regarder
Gygès comme un personnage entièrement mythique. Les principes d’une
critique rigoureuse semblaient même imposer cette manière de voir,
jusqu’au jour où le nom de Gougoit, roi de Loudi (Gygès, roi de
Lydie), a été lu sur le prisme assyrien d’Àssourbanipal comme celui
d’un prince parfaitement historique et contemporain du monarque
ninivite. Après cet exemple frappant, il est bon de prendre garde de
s’avancer d’un pas trop rapide dans la voie de la négation.

Mais c’est précisément parce que je tiens la prise de Troie pour un
événement réel, auquel on peut assigner, sinon une date fixe, du moins
une époque approximative et une place déterminée dans la succession
des phases primitives de la civilisation grecque; c’est, dis-je, par cette
raison même que je ne puis, au point de vue archéologique, admettre

1. Voir Gazelle des Beaux-Arts, 2e période,t. XII, p. 289, 541. et t. XIII, p. 345.

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