Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 13.1876

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CORRESPONDANCE

DES MUSÉES DE LA HAYE. — LE MAURITSHUIS. — LES COLLECTIONS

VAN WALCHREN ET JACOBSON.

AU DIRECTEUR DE LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

Mon cher ami,

La Haye, 25 mars 1876.

Comme un certain nombre de nos compatriotes ne manqueront point, encore cette
année, d’accomplir le pèlerinage habituel que tout amateur sérieux a soin de faire,
une fois au moins en sa vie, à travers les musées de la Hollande, je crois devoir vous
prévenir que ces futurs visiteurs trouveront ici quelques notables changements.

Ces changements, qui répondent à des vœux bien souvent exprimés, ne sont pas
encore, il est vrai, aussi complets qu’on pourrait le souhaiter, mais ils sont pour
l’avenir d’un favorable augure.

Ainsi, le Trippenhuis demeure toujours dans le môme état, avec la buée des
canaux et la fumée des poêles pour encrasser ses chefs-d’œuvre et à sa porte ce maga-
sin de paient olie qui fait trembler les admirateurs de Rembrandt.

A Rotterdam point de changement non plus; mais à La Haye le Mauritshuis a fait
une pimpante toilette et c’est de lui que je veux vous parler aujourd’hui.

D’abord on a scindé en deux l’ancien musée. Toutes les chinoiseries, les japonne-
ries et les curiosités qui encombraient le rez-de-chaussée ont été déménagées. On les
a installées sur le Vivier dans un fort bel hôtel où elles composent un musée nouveau,
décoré du nom de « Musée ethnographique » ce qui porte à six le nombre des collec-
tions publiques que renferme la jolie ville de La Haye.

Ces six collections sont outre le Mauritshuis : le « Musée de la ville », qui n’a
qu’un intérêt local; le « Musée néerlandais » et le « Musée ethnographique », qui font
un peu double emploi, mais méritent l’un et l’autre d’être visités ; le « Musée Mermano
Weeslrenianum », qui contient quelques objets très-remarquables, et enfin le « Musée
des camées et médailles ».

Ce dernier se trouve situé dans l’hôtel de la Bibliothèque royale; on peut donc, en
le visitant et sans perdre de temps, donner un coup d’œil aux superbes manuscrits que
renferme ce riche établissement, dont le haut personnel est du reste d’une obli-
geance parfaite.

Toutes ces intéressantes collections se trouvent dans le même état que ces années
dernières, à l’exception toutefois du Musée ethnographique, qui est singulièrement plus
à l’aise dans son nouveau local, et du « Cabinet royal des peintures » qui occupe main-
tenant Mauritshuis tout entier.

Débarrassé des curiosités du rez-de-chaussée, M. de Jonge, le directeur actuel, s’est
en effet emparé des belles salles que celles-ci occupaient, lésa fait restaurer avec beaucoup
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