Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 13.1876

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LES

ANTIQUITÉS DE LA TROADE1

IX.

Le fait le plus inattendu qu’aient révélé les fusaïoles de
Hissarlik, avec quelques-uns des vases de terre provenant
des mêmes fouilles, c’est l’usage de l’écriture chez le peuple,
à la civilisation si peu développée encore, auquel on doit ces
objets.

Il ne s’agit pas ici, je dois le déclarer tout d’abord pour rassurer le
lecteur, —■ il ne s’agit pas ici des prétendues inscriptions en caractères
chinois, non plus que des chansons en patois auvergnat que certaines
personnes ont cru lire sur des poteries de la collection Schliemann. Des
excentricités de ce genre sont presque du ressort d’une des branches de
la médecine, et elles ont eu l’immense inconvénient de déverser le ridi-
cule sur les fouilles troyennes, en même temps qu’elles éveillaient dans
le public savant une défiance extrême contre la constatation d’un fait qui,
lui, est réel et sérieux. J’ai moi-même si bien partagé cette défiance, que,
lorsque des philologues d’un caractère aussi grave et d’un mérite aussi
solide que M. Haug, de Munich, et M. Gomperz, de Vienne, annoncèrent
avoir positivement reconnu l’existence d’inscriptions sur certaines fu-
saïoles et certains vases de Hissarlik, je fis comme les autres, je crus
qu’il s’agissait encore là d’une illusion et je ne me donnai même pas la
peine d’examiner de près la question. Pourtant, quand je me suis vu
amené à traiter en détail des curieuses trouvailles de M. Schliemann, il
n’était plus possible de me tenir en dehors de l’examen des inscriptions
signalées par MM. Ilaug et Gomperz et de leurs lectures. C’est avec une

4. Voir Gazette des Beaux-Arts, 2e période, t. XII, p. 289 et 541.

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