Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 13.1876

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LA

GALERIE DE M. SCHNEIDER

i.

a Rochefoucauld a dit qu’il fallait tou-
jours mesurer les qualités d’un homme à
l’usage qu’il en sait faire. Si nous
n’avions, pour juger le mérite du grand
homme d’affaires que la France vient de
perdre, de celui qui a su avec ses seules
forces créer et asseoir sur des hases iné-
branlables l’un des premiers établisse-
ments industriels du monde, que la col-
lection de tableaux qu’il laisse après
lui, nous aurions encore une singulière
son esprit et la probité de son caractère,
en effet, si l’on peut ainsi parler, d’une
franchise et d’une probité incomparables ; elle est plus que le caprice
d’un homme puissamment riche, c’est une œuvre voulue, c’est un édifice
harmonieux, auquel la mort n’a pas permis à son architecte d’ajouter
quelques matériaux qu’il savait y manquer, mais qui, tel quel, se pré-
sente à nos yeux charmés avec des proportions exquises et admirable-
ment étudiées.

Le cabinet formé avec une sévérité si exigeante, par l’ancien pré-
sident du Corps législatif, peut nous donner une idée de ce qu’était un
cabinet de tableaux au xvme siècle; M. Schneider était de la race des
Choiseul, des Poulain, des Randon de Boisset. Comme eux, avec la même
passion et presque avec les mêmes goûts, il s’est exclusivement adressé,

estime pour la clairvoyance de
La galerie de M. Schneider est
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