Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 29.1884

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LE BUSTE DE PIERRE MIGNARD

DU MUSÉE DU LOUVRE

endant tout le xviiie siècle, deux por-
traits sculptés de Pierre Mignard étaient
connus à Paris. C’étaient deux bustes
de marbre placés, l’un dans les salles
de l’Académie de peinture et de sculp-
ture, l’autre sur le tombeau du peintre
érigé d’abord dans l’église Saint-Rocb,
puis dans l’église des Jacobins de la rue
Saint-Honoré. Ces deux portraits existent
encore. Mais une regrettable confusion
s’est glissée dans leur histoire respec-
tive. Pris successivement P un pour
l’autre, aucun d’eux n’est attribué à son véritable auteur. L’erreur s’est
comme à plaisir accumulée sur chacun d’eux, et nombre d’écrivains bien
intentionnés et d’enthousiastes panégyristes se sont appliqués involontai-
rement à la répandre. Il n’est que temps de faire disparaître un écueil
dangereux pour les historiens de l’art français et de détruire le piège
qui opère avec trop de succès depuis près d’un siècle.

I.

Le buste de Mignard, conservé sous l’ancien régime à l’Académie de
peinture et sculpture, était entré dans cet établissement en 1726, par
suite d’un don de la fille de Mignard. Ce fait nous a été transmis par un
témoignage irrécusable, celui de Caylus, recueilli et confirmé par Lépicié,
qui, en sa qualité de secrétaire perpétuel, avait à sa disposition tous les
papiers de l’Académie. Caylus, en effet, dans la Vie des premiers peintres
du Roi, publiée par Lépicié (tome I", p. 167), s’est exprimé ainsi en parlant

XXIX. — 2e PÉRIODE. 20
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