Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 29.1884

Page: 220
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EXPOSITION DES DESSINS DU SIÈCLE

(premier article.)

<( Le Dessin est la probité de l’Art » ; nul n’y contredit. Mais, au sor-
tir d’une pareille exposition, cette question se pose: quel dessin et quelle
probité?...

Venez après cela crier d’un ton de maître

Que c’est le cœur humain qu’un auteur doit connaître.

Le cœur humain de qui? le cœur humain de quoi?

Celui de mon voisin a sa manière d’être;

Mais, morbleu ! comme lui, j’ai mon cœur humain, moi!

pourraient dire à peu près les artistes avec Alfred de Musset. On n’en sau-
rait douter, en effet, après avoir étudié la riche collection réunie pen-
dant un mois à l’École des beaux-arts, —il y a plusieurs dessins, et la
morale de l’Art doit admettre plus d’une sorte de probité. L’honnêteté
d’un véritable artiste, ce n’est pas sa fidélité à telle ou telle calligraphie
dogmatique, mais sa sincérité et le degré d’émotion persuasive qu’il
sait faire passer dans ses interprétations de la nature. Cette vérité conso-
lante et féconde est d’autant plus agréable à vérifier une fois de plus ici,
que la constatation en est accompagnée des plus délicates jouissances
esthétiques.

Les dessins d’un artiste (desseins, écrivait excellemment l’ancienne
orthographe), ce sont ses confessions. La Nature se révèle à chacun sous
des aspects différents; elle a pour tousses adorateurs des trésors inconnus
et des récompenses inédites. Elle est toujours présente et reconnaissable
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