Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 29.1884

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LE SALON DE 18841

(deuxième article)

VI.

Le trait distinctif de la nouvelle école fran-
çaise, c’est, incontestablement, l’amour de la vie
réelle, de la vie familière, de la vie vivante. Nos
artistes cherchent à rendre ce qu’ils voient.
Celui-ci nous donne un coin de boulevard, celui-
là un chantier de construction, ce troisième un
intérieur de brasserie, ce quatrième une soirée
dans le monde, ces autres une gare de chemin de
fer, un conciliabule de gamins auprès d’une bar-
rière, la parade des lutteurs à la fête de Neuilly, des porteurs de viande,
des hommes de métier... que sais-je? Il n’y a plus de petits sujets, il
n’y a que des sujets vrais ou des sujets conventionnels et des œuvres
plus ou moins expressives. On me dira qu’il ne se produit pas plus de
tableaux de marque que par le passé : j’en demeure d’accord, mais cela
ne prouve rien contre la tendance moderne et le goût de l’humble vérité
qui nous ramène, par-dessus les complications quintessenciées de la
Renaissance, au pur principe de bonhomie de l’art du moyen âge.

Trois grands signes caractérisent, à mon jugement, la production
moderne : le nombre toujours croissant des scènes populaires, l’impor-
tance de plus en plus grande du portrait, et le rôle de plus en plus

1. Voir Gazelle des Beaux-Avis, t. XXIX, 2e période, p. 377.

XXIX. — 2e PÉRIODE.

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