Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 29.1884

Page: 343
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UN F,

COLLECTION D'ORFÈVRERIE FRANÇAISE

O

S’il ne s’agissait, dans le cas qui nous oc-
cupe , que d’une de ces ventes vulgaires qui
jettent sous le marteau d’ivoire une réunion telle
quelle d’objets plus ou moins rares, amassés avec
l’unique point de vue d’un goût particulier, nous
n’aurions qu'à enregistrer l’incident à son heure.
Mais, avant qu’une collection d'orfèvrerie comme
celle de M. Eudel se disperse au vent des en-
chères, nous estimons qu’il est profitable d’en
tirer quelques enseignements sur plusieurs points
de l’histoire do l’argenterie, — histoire qui, à
juste titre, a préoccupé tant et de si délicats
esprits.

Il y a, en effet, collection et collection. Le
collectionneur est un type qui n’est pas né d’hier
et il a dû déjà se placer sous la plume de La
Bruyère lorsque, dans la galerie des Caractères,
il a eu à peindre Démocède et Diognète. La
psychologie de l’amateur d’objets d’art ne laisse pas d’être moins simple
qu’elle le pourrait paraître au début. L’analyse des mobiles nous mon-
trerait que cet instinct de chasse qui lance sur la piste des raretés
n’est pas le seul qui pousse nos curieux. Oh! sans doute, qui pour-
rait nier les joies de ses découvertes et de ses victoires? Chaque achat
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