Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 29.1884

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LES

ORIGINES DE LA CÉRAMIQUE ITALIENNE

Un nom souvent nous égare; lorsqu’on
a pris une fausse direction, il est alors dif-
ficile de s’arrêter, et surtout de revenir
sur ses pas. C’est ce qui est arrivé pour les
faïences italiennes. Quand il fut bien re-
connu que de tout temps elles s’appelaient
maïoliques, pour en retrouver l’origine, il
ne fallait, pensait-on, que savoir d’où elles
tiraient leur nom. Majorque est près de
l’Italie : au xiv° siècle, ses poteries re-
nommées étaient portées chez les nations
voisines par ses nombreux vaisseaux : l’Italie
avait donc puisé là et le goût et la science
de la céramique, puisqu’elle avait baptisé de son nom les faïences
magnifiques qu’elle commençait à produire.

Pendant de longues années, personne n’eût songé à mettre cette idée
en doute, à élever la moindre objection : au contraire, bien des efforts
tendirent à rapporter aux Maures d’Espagne et à leurs procédés le déve-
loppement de cet art que les Italiens devaient pousser si loin. On écar-
tait, comme incertaines, les données qui ne pouvaient se rapporter à cet
ordre d’idées, tandis qu’on accueillait avec faveur tous les renseignements
qui venaient étayer un système accepté par tout le monde.

Les travaux de M. Drury Fortnum, ceux de M. Jacquemart ont
apporté une vive lumière sur la céramique italienne ; ils nous montrent
que jusqu’à présent les chercheurs suivaient une mauvaise voie. Pour
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