Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 29.1884

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EXPOSITION D’HIVER

A L’ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS DE LONDRES

a quinzième exposition à l’Académie de Londres d’œuvres
des anciens maîtres ne le cède en rien aux expositions anté-
rieures, quoique les pièces d’importance capitale et mar-
quantes dans l’histoire de l’art y soient peut-être plus rares que
dans quelques-unes des collections précédentes. L’École an-
glaise y est particulièrement bien représentée, et, chose
étrange, malgré la concurrence de l’exposition admirable de
la Grosvenor-Gallery, entièrement vouée cette année aux
œuvres de sir Joshua Reynolds et contenant plus de 250 ouvrages dus à son pinceau,
les salons de l’Académie contiennent une vingtaine de toiles pour la plupart exquises
du même maître. Entre autres, on y voit un groupe charmant (n° 18). VEspérance
berçant Y Amour (portrait d’une actrice, Miss Morris), le meilleur des nombreux por-
traits de l’amiral Keppel (n° 50), un étonnant portrait du grand Gibbon dans sa
jeunesse (n° 59), la célèbre Sainte Cécile (portrait de Mrs Sheridan) que Reynolds lui-
même estimait la plus belle de toutes ses œuvres (n°209), et beaucoup d’autres. Gains-
borough est aussi fort bien représenté par un beau portrait du jeune Canning (n° 36),
par la célèbre Nancy Parsons (n° 215), une des peintures les plus galantes et raffinées
du maître, par un beau portrait en pied de George IV (alors prince de Galles), repré-
senté dans la fleur de la jeunesse (n° 4 51), et par quelques paysages peu remarquables.

De Romney, il y a le ravissant portrait de la célèbre comédienne Mrs Jordan
(n° 200), dans lequel il rivalise de charme, et même, par exception, de couleur avec
ses contemporains plus célèbres, Reynolds et Gainsborough, sans parler d’un des
nombreux portraits de lady Hamilton, cette fois en Bacchante, et de plusieurs autres
portraits. Un grand portrait en pied de Flaxman, ébauchant le buste du poète Hay-
ley (n° 4 47), par le même maître, est faible de composition et de couleur, et montre
clairement les limites de son talent.

Parmi les autres peintures marquantes de l’École anglaise il v a une toile vrai-
ment étonnante du peintre d’animaux Ward. C’est une Chute de Phaéton, superbe
d’audace et de fougue et magistralement composée (n‘‘ 4 7). Les quatre chevaux -tom-
bant du ciel sont des merveilles de vérité et d’exécution. Cette peinture peu connue
est une véritable surprise pour les amateurs, qui sont habitués à regarder Ward comme
un peintre de sujets exclusivement réalistes et un imitateur (de loin) de Paul Polter.
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