Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 29.1884

Page: 531
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/gba1884_1/0555
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
CORRESPONDANCE D’ANGLETERRE

EXPOSITIONS DE LA ROYAL AGADEMY

ET DE LA GROSVENOR GALLERY

ris es ensemble, les expositions de la
Royal Academy et de la Grosvenor Gal-
lery donnent, cette année, une idée très
exacte de la situation de l’art en Angle-
terre. Elles sont, à ce point de vue, su-
périeures aux expositions des années
précédentes. L’exposition de la Royal
Academy est surtout beaucoup plus com-
plète et plus représentative que celle de
l’année dernière. A la Royal Academy,
les académiciens les plus en vue, Sir
Frederick Leighton, MM. Millais, Alma-
Tadema ont envoyé des œuvres de grandes dimensions, qui dénotent de
leur part de véritables efforts. Puis, tant à la Grosvenor Gallery qu’à la
Royal Academy, des artistes originaux et inventeurs, MM. Burne Jones,
Albert Moore et Whistler envoient chacun un tableau, peut-être supérieur
à tout ce qu’ils avaient encore montré. Trois tableaux réussis, c’est beau-
coup dans une année, et il faut se déclarer satisfait.

M. Albert Moore est un délicat. Ce qui lui manque du côté de la
force, du grand jet, est compensé par le charme, le goût et la recherche
d’effets raffinés. Sans être un élève ou un imitateur direct, il a été in-
iluencé, à ses débuts, par les combinaisons de coloris de M. Whistler.
Ce sont donc des harmonies de couleur et de tons qui, dans chaque
œuvre de M. Moore, constituent avant tout le sujet et sont la raison d’être
du tableau. Les personnages, les accessoires et les détails n’ont pris exis-
loading ...