Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 23.1900

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LE LEGS DE LA BARONNE NATHANIEL DE ROTHSCHILD

Le legs de la baronne Nathaniel de Rothschild au
musée du Louvre se compose presque uniquement de pein-
tures italiennes, la plupart de la bonne époque et capables
de figurer avec avantage dans des galeries publiques. La
délicate artiste, dont les aquarelles lumineuses avaient le
piquant et le plein-air des meilleurs maîtres du genre, ne
se fût pas pardonné ses séjours annuels d'Italie, si le goût
des Primitifs ne l’avait gagnée de plus en plus à chaque
voyage. Elle, toute moderne de talent et de préoccupations
d’art journalières, s’était senti prendre d’irrésistible attrait
pour les quattrocentistes et se crut vite le devoir de leur
donner place parmi les chefs-d’œuvre dont sa vie était
encadrée. Après avoir charmé son cœur d’artiste par leur
peinture toute d’âme, ils allaient devenir, pour son amour-
propre de maîtresse de maison, les plus nobles images de sa
collection et l’associer ainsi au mouvement de réhabilitation
suscité par les Reiset, les Tauzia, les Müntz, les Bode, en
faveur des glorieux méconnus du xv° siècle. Deux panneaux
surtout, une Madone de Botticelli, une autre de Ghirlandajo
s’imposent sans réserve à l’admiration. Le sentiment profond
et doux de Botticelli n'a guère rencontré plus inexprimable
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