Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 23.1900

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L'ARCHITECTURE A L’EXPOSITION UNIVERSELLE

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l’apprécier au milieu des échafaudages qui dissimulent encore les
parties sculptées, semble avoir réalisé dans l’exécution les pro-
messes du projet primé. Aucune modification importante ne lui
étant demandée, l’artiste a pu exécuter son œuvre telle qu’il l’avait
conçue, en consacrant à l’étude des détails l’année qui, pour le Grand
Palais, fut employée au remaniement des dessins. C’est aussi une
colonnade, mais d’allure plus modeste et d’ailleurs élégante, qui
forme le décor principal de la façade, interrompue par un pavillon
central que couronnent de fort beaux groupes mettant en relief le
talent original et primesauticr du statuaire Saint-Marceaux.

On se souvient de l’excellente adaptation du plan du Petit Palais
au terrain, dont le milieu est occupé par une cour en demi-cercle
communiquant par des galeries avec les salles qui se poursuivent
sur le périmètre extérieur, raccordées aux angles de la façade princi-
pale par des pavillons rectangulaires, aux angles de la façade opposée
par des pavillons circulaires.

Ce terrain en trapèze offrait bien quelques difficultés pour la
silhouette des constructions; l’architecte a cherché à y parer en ter-
minant par une sorte d'hémicycle scs pavillons rectangulaires de la
façade, mais la forme des combles accuse la difficulté sans la
résoudre.

Les soubassements des deux palais ont été traités de manière
très différente et suivant le tempérament de chaque artiste. M. Gi-
rault a très largement ouvert ce soubassement, au point que les
ouvertures font presque tort à celles du grand étage en les pro-
longeant. M. Deglane, au contraire, a fait son soubassement plein
dans la hauteur des marches extérieures, et les rares ouvertures qui
y sont ménagées ne laissent point deviner l’utilisation possible de ces
dessous.

En résumé, malgré les défauts résultant de la division du
travail aussi bien que des délais trop courts, on ne peut nier que la
nouvelle avenue, les constructions qui la bordent et le pont, doivent
contribuer à l’embellissement de Paris.

LUCIEN M A G N E

(La suite prochainement.)
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