Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 23.1900

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ALEXANDRE FALGUIÈRE

es récits de la fin de Falguière sont
infiniment touchants, fixent avec
des traits de résignation, de cou-
rage, d’héroïsme, une dernière
image de l’artiste qui vient de dis-
paraître. Avant de s’endormir pour
toujours il a su dire adieu à la vie,
à son art, à ceux qui étaient auprès
de son cœur. Il s’en va à Nîmes
voir en place la statue inachevée
d’Alphonse Daudet, et c’est pendant
son voyage qu’il sent le froid con-
tact de la mort. Il rentre à Paris, tout haletant de son effort, il arrive
à son logis de la rue d’Assas, il s’arrête, regarde longuement son
atelier, reste indécis, il a envie d’entrer, de revoir les monuments
inachevés, mais sa faiblesse est trop grande, et il lui faut employer
toute sa volonté pour rentrer chez lui, s’étendre sur le lit qu’il ne
pourra plus quitter. L’énergie qui lui reste est ainsi employée à
prendre l’attitude gisante qu’il aura au tombeau. Pourtant, il ne
tombe pas en vaincu. Lorsqu’il a bien compris que c’est la fin, et
qu’il tient dans ses mains moites et fiévreuses les mains de sa
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