Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 23.1900

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ALFRED STEVENS

a sensationnelle exposition qui, par une
faveur sans précédent, bien due au grand
artiste qu’elle veut honorer, s’ouvre en ce
moment même à l’Ecole des Beaux-Arts,
m’offre une bienvenue occasion de consa-
crer à Alfred Stevens un peu de ce qu’un
grand poète a nommé : rêverie d'un passant
à propos d’un roi.

Certes, Stevens fut et demeure hautement apprécié de son temps,
et les plus glorieuses consécrations le lui ont prouvé. Une ancienne
toile de lui vient d’être acquise un prix élevé par sa ville natale, et
ajoutée à ceux de ses tableaux qui faisaient déjà l’ornement du musée
de Bruxelles. Certes, il n’est pas de bonne fête des yeux, dans un lieu
orné, sans un Stevens de derrière les années, car voilà tantôt cinquante
ans que ce dernier des grands Flamands peint ses tableaux de chevalet
minutieux et vastes. Il en résulte l’injuste reproche que lui adresse-
raient volontiers les observateurs superficiels : dater ; comme si ce
n’était pas une condition essentielle, tout au moins raison majeure
pour durer. L’intérêt de la curieuse terre cuite hispano-phénicienne,
la tête d’Elché, réside moins dans la physionomie du visage fardé,
aux lèvres cruelles et peintes, que dans cette coiffure typique et
monumentale. Ce qui confère aux personnages du peintre de Y Em-
barquement ce caractère saisissant d’authenticité dans le rêve, c’est
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