Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 23.1900

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Le grand mérite de Paul-Jean
Clays, le célèbre mariniste belge
mort récemment à Bruxelles, aura
été d’affranchir son genre de pein-
ture des conventions et des rou-
tines qui, depuis VEstacade du
génie précurseur et isolé de Ruis-
dael, faisaient de la marine un
tributaire du genre historique, ou
un prétexte à « étoffages », à dé-
cors, à pompes et à spectacles sur
l’eau.

L’affranchissement de la ma-
rine fat corollaire de l’affranchis-
sement du paysage et de l’avène-
ment du naturisme dans le royaume de l’art.

Fatalement, le jour où les yeux des peintres apprécièrent spon-
tanément les beautés de la nature, et où leurs pinceaux ne se
préoccupèrent plus de farder ou d’enjoliver celle-ci, ces peintres ne
devaient point tarder à dépouiller le vieil Océan des déguisements
ridicules, étriqués et tapageurs dont l’avaient affublé les méchants
poètes et barbouilleurs classiques. La mer, après avoir été trop
longtemps personnifiée par Neptune ou Amphitrite, redevenait tout
simplement la mer. Seulement, s’il y eut quantité de bons paysa-
gistes du « plancher des vaches », le nombre des marinistes de
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