Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 23.1900

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CORRESPONDANCE DE BELGIQUE

'année écoulée a eu pour événement saillant l’exposition des
œuvres de van Dyck, un succès, en dernière analyse, sinon
matériel — les frais ayant dépassé les recettes, — du moins
moral. Bien que le contingent réuni à Anvers fût numérique-
ment léger, on a reconnu qu’il fournissait un aperçu des plus
expressifs du talent du maître. L’exposition en ce moment
ouverte à Burlington Ilouse, à Londres, donne certainement
plus de relief au van Dyck anglais, mais on l’avoue pauvre en pages de la
vingtième année comme en œuvres de la troisième époque, celle qui suit le
retour d'Italie et précède le départ en quelque sorte définitif pour l'Angleterre.

On s’est trouvé surpris — chose d’ailleurs prévue, — l’exposition close, de
constater combien encore, en dépit des vaillants efforts des écrivains qui, à
l’exemple de M. Jules Guiffrey, ont voué leur étude à la vie du maître, la carrière
de van Dyck est insuffisamment élucidée. D’habitudes peu sédentaires, il a
séjourné et travaillé loin de son pays natal, non seulement en Italie et en
Angleterre, mais encore en France et en Hollande, où ses traces sont à relever.
Nous savons déjà que plusieurs auteurs se sont mis à l’œuvre, et Fou peut être
certain que leurs efforts unis auront pour résultat de mettre en relief une
quantité de faits encore ignorés. Il en fut de même pour Bubens et Rembrandt,
après les manifestations d’Anvers et d’Amsterdam en l'honneur de ces grands
artistes.

Nécessairement, une exposition comme celle qui fit affluer à Anvers, l’été
dernier, la foule des amateurs devait laisser mieux que le souvenir de quelques
heures agréablement passées. Les études déjà fort intéressantes provoquées
par l’exposition, les reproductions splendides dont elle fut l’occasion, forment un
ensemble où pourront puiser les chercheurs de l’avenir. Comme premier résultat,
on est arrivé à savoir que le portrait dit d’Ambroise Doria, acheté en dernier
lieu par le musée de Bruxelles, représente Jean Vincent Impériale, doge de
Gênes, ambassadeur et poète, le même qui fut un moment banni du territoire
de la République, où, toutefois, il fut rappelé et mourut en 1645.
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