Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 23.1900

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LE SALON DE 1900

(deuxième ARTICLE <)

IV

e Lion tragique de M. Gardet est un ouvrage
de sculpture. Son Lion amoureux appar-
tient, selon le catalogue, à Xart décoratif.
Faut-il croire que les catégories se distri-
buent au gré des passions? Hercule, des
le seuil d’Omphale, ne sera-t-il plus qu’un
prétexte à décor ? Une cage de verre sert-
elle de critérium? Décide-t-on selon le prix
des matières? L’ivoire et l’or se mêlant,
comme ici, au marbre entraînent-ils l’œuvre du domaine de Xart
majeur dans celui de l'art appliqué? N’est-elle qu’un meuble recelé
dans le sanctuaire, et non pas l’idole, le culte, la patrie, l’Athéné
chryséléphantine ? Quand il prêtait au Pérugin de l’outremer fait de
lapis-lazuli broyés, le jésuite florentin incarnait-il le démon ? Pour-
quoi le buste de vieille taillé dans le bois par M. Delagrange (Miserere)
et d’un sentiment très réaliste s’affirme-t-il décoratif, au contraire
du Chat façonné dans le noyer et le sycomore par M. Tarrit ? Si c’est
la mièvrerie de la conception, l’alanguissement un peu lourd et fade
du morceau de M. Gardet qui en détermina le genre, pourquoi l’art
décoratif ne revendique-t-il pas tant de puérilités monumentales
trônant dans les vestibules? Y appliqua-t-on l’aune de M. Jourdain?

1. V. Gazette des Beaux-Arts, 3e pér,, t. XXIII, p. 333.

jxiii. — 3e PÉRIODE.

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