Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 23.1900

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CORRESPONDANCE D’ANGLETERRE

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Falkland et celui du Colonel Cavendish, tous deux également retour d’Anvers.

Mais où sont les œuvres de Henry Stone, de van Lemput, de David Beck, de
Jan de Reyne ? Tous furent employés dans l’atelier de van Dyck et ont certaine-
ment remanié nombre de ses œuvres. De Reyne était si habile que Decamps dit de
lui 1 : « Ses ouvrages sont presque toujours pris pour ceux de son maître. Per-
sonne ne l’a approché de plus près, et personne ne l’a mieux égalé en mérite.
C’est la même fonte de couleur, la même touche, la même délicatesse. Son des-
sin est aussi correct, ses mains sont dessinées d’une pureté singulière ; il avait
une très grande manière. » Les œuvres qui lui appartiennent en propre restent
encore à identifier, mais nous ne saurions guère manquer d’en avoir quelques-
unes à notre exposition.

C’est sûrement à certains de ces aides expérimentés que sont dues les répé-
titions d’originaux célèbres. Tel est le cas pour les portraits de Liberti (n° 92) et
de Malery (n° 118) ou pour la Sainte Famille (n° 16), dont il existe de plus beaux
exemplaires à Munich; ou bien encore pour le Portrait du duc de Richmond (n° 13),
dont le Louvre possède l’original. Le Portrait de Snyders, avec sa femme et son
enfant (n° 4) est aussi une réplique de qualité inférieure ; la variante supérieure
se trouve au musée de l'Ermitage. Par contre, l’exposition possède l’original
incontesté du Portrait de l'abbé Scaglia et des Cinq enfants de Charles Ier.

Que vient faire ici, un Mytens (n° 108) 2 ? Et pourquoi un Gaspar de Crayer
(n» 51)? Il est facile, il est vrai, de confondre le style de ces artistes avec celui
de van Dyck ; mais c’est justement ici le cas de faire ressortir, une fois pour
toutes, les différences qui les distinguent. Voici pourtant des erreurs moins
excusables : les nos 77, 86 et 233 n’ont aucun droit de figurer ici ; tout au plus le
n° 77 pourrait-il être de quelque peintre génois.

De pareilles constatations montrent combien il reste encore à faire avant que
les van Dyck authentiques ne se dégagent du nombre. Ses œuvres de début
n’ont été que récemment reconnues et isolées parmi certains Rubens et certains
Jordaens; il faudrait maintenant purger de tout rebut ses œuvres de la période
anglaise. L’occasion était peu propice pour une pareille besogne à Anvers, car
les tableaux envoyés d’Angleterre avaient été soigneusement choisis par un
comité compétent; mais la Royal Academy s’est montrée bien moins sévère;
peut-être a-t-elle, sans le vouloir, rendu service au grand peintre et à ceux qui
veulent honorer sa mémoire.

HERBERT COOK.

1. V. Walpole, Anecdotes, 1, 338.

2. Ce n’est qu’une répétition inférieure de l’original de Hampton Court (n° 44). La
date doit se lire 1622 et non 1632, comme le dit le catalogue.
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