L' art: revue hebdomadaire illustrée — 8.1882 (Teil 2)

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GEORGE-FREDERICK WATTS. 9

est singulièrement malaisé à mettre sur pied. La démonstration de cette difficulté ou plutôt
de cette impossibilité se rencontre dans un des premiers et des meilleurs tableaux allégoriques de
M. Watts, intitulé les Illusions de la vie : de séduisantes évocations de beauté et la représen-
tation abstraite des diverses formes de FEspoir et de l'Ambition apparaissent au-dessus du gouffre
où viennent sengloutir toutes les existences. On voit épars les symboles brisés de la grandeur
et de la puissance humaines, et sur l'étroite langue de terre suspendue sur l'abîme sont figurées

George-Frederick Watts, R. A. — Dessin de Bichard.

les illusions les plus persistantes, celles qui se transmettent d'âge en âge : un chevalier revêtu
de son armure poursuit la Renommée, bulle d'air aux couleurs prismatiques; deux amoureux se
murmurent à l'oreille mille tendres riens; un enfant chasse un papillon, et un vieux savant
s enterre dans l'étude. Mais il ne nous est pas expliqué pourquoi tous tomberont dans le gouffre
béant. La légende nous dit bien que c'est là que vient aboutir la vie de tout être humain ; rien
toutefois dans cette composition n'empêche le chevalier, les amoureux, le vieillard et l'enfant de
tourner le dos au précipice et de le fuir à jamais. Si toutes ces figures étaient placées sur un
plan analogue à ces terribles déclivités neigeuses des Alpes, d'où le touriste aventureux glisse

Tome XXIX. 2
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