L' art: revue hebdomadaire illustrée — 8.1882 (Teil 2)

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SALON DE 1882. 177

impression de la beauté qui est la plus vive et la plus féconde de toutes les joies, cette émotion profonde de l'admiration qui
est le plus puissant de tous les aiguillons à bien faire.

Nous demandons pour la France, pour la France républicaine surtout, les musées les plus riches, les plus magnifiques,
ouverts à tous, comme la source sacrée où tous sont invités à boire. Voilà pourquoi, sans être les ennemis d'aucune caisse de
retraites, nous demandons qu'on laisse au vrai luxe national, c'est-à-dire à l'art, les millions qui viennent du luxe vain de nos
monarchies ; et quand M. le Ministre de l'Instruction publique défendra devant la Chambre le projet qu'il a présenté, nous
espérons bien que la Chambre sera avec lui contre la majorité d'une commission, pleine de bonnes intentions sans doute, mais
de ces bonnes intentions dont on peut paver l'enfer.

Conclusion : Que l'État, si le Musée des Arts décoratifs est momentanément condamné à
l'abstention, que l'État fasse son devoir et conquière haut la main, à la vente de Hamilton Palace,
les spécimens les plus purs d'industrie artistique française aux xvn° et xvmc siècles.

Ce faisant, il enrichira le pays de trésors autrement précieux que tous les diamants
imaginables.

Noël Gehuzac.

(La suite prochainement.)

SALON DE 1882;

(suit k)

XV

erratum

Critiquer les autres et ne pas savoir reconnaître ses propres erreurs, m'a toujours paru un
métier singulièrement malpropre. Ce ne sera jamais le mien.

Je me hâte donc de rectifier une grosse inexactitude. J'ai parlé de M. Édouard Détaille —
page 99 — comme si on eût dû le nommer officier de la Légion d'honneur, et je viens de
m'apercevoir qu'il l'est depuis l'an dernier.

Mon ânerie a sa source dans mon indifférence sans bornes pour les rubans aussi bien que
pour les médailles. Autant je m'occupe avec une profonde attention des œuvres d'art dont j'ai à
rendre compte, autant je me soucie peu des distinctions qu'elles engendrent.

J'ai aussi à réparer trois négligences. En Danemark, j'eusse dû signaler Portrait de ma sœur,
par M"c Berthe Vegman, une agréable promesse que j'avais notée; c'est un peu mou, mais ce
n'est pas à dédaigner.

Mes oublis norwégiens sont plus sérieux. M. Frithjof Smith-Hald, de Christiansund, s'il ne
nous apprend rien de nouveau sur son talent que l'on savait remarquable, nous le montre
cependant bien plus robuste dans Un Lever de lune, sans abdiquer aucune de ses séductions.
Un nouveau venu, M. Adelsteen Normann, révèle un talent d'une extrême justesse d'observation
dans une grande marine semée de récifs que l'on a placée de façon fort peu hospitalière et qui,
s'il faut en croire le très incorrect Catalogue du Salon, a pour titre : Vue de Steene à Lafoten
[Norwège). Cette œuvre distinguée, que recommandent tout particulièrement un second plan
irréprochable et un ciel bien étudié, pèche par les proportions minuscules données au navire qui
se voit au premier plan à gauche.

J'allais ranger M. Hans Heyerdahl parmi les artistes suédois, mais on me fait observer que
s'il est né à Smedjebacken, ses parents sont Norwégiens et qu'il a grand soin de le constater
cette année au Catalogue, qu'enfin c'est en tant que Norwégien qu'il a obtenu une médaille à
l'Exposition universelle de 1878.

1. Voir l'Art, 8e année, tome II, pages 92, 129 et \bz.

Tomk XXIX. 27
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