L' art: revue hebdomadaire illustrée — 8.1882 (Teil 2)

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I

Frise tirée des Tapisseries du Roi,
représentant les quatre Éléments et les quatre Saisons. MDCGXX.

GUSTAVE COURBET

oila qui est fait, Courbet entre déci-
dément clans la gloire. Il est sacré
grand peintre par ceux-là mêmes qui
il y a vingt ans le maudissaient comme
la honte de l'école française. Chacune
des œuvres qu'il produisait était régu-
lièrement saluée par les lazzis des
critiques à la mode. Les révolution-
naires seuls osaient objecter que ces
tableaux tant raillés témoignaient ce-
pendant de certaines qualités de fac-
ture qui marquaient indiscutablement
une merveilleuse organisation artis-
tique.

Aujourd'hui ce même public lui
immole sans hésiter les plus grands

Lettre compose pour HArt par François Ehrmann. noms. On le Compare Couramment ail

Titien, à Velasquez et l'on ne se gêne
pas pour parler de son génie et pour l'exalter au-dessus des plus grands maîtres.

C'est un peu comme cela qu'on a fait pour Delacroix. Nous demandons cependant la
permission de ne pas mettre Courbet au même rang que Delacroix. Il nous semble qu'il y a
entre le génie des deux artistes et le genre de gloire que leur réserve l'avenir certaines différences
que l'on parait trop oublier.

Nous n'avons jamais méconnu les qualités réelles de Courbet, mais nous avons trop connu
l'homme — qui n'était pas du reste difficile à connaître — pour nous faire jamais illusion sur
son avenir artistique. Il manquait à Courbet une chose aussi essentielle dans les arts que dans
tout le reste, l'intelligence. Courbet ne savait rien, et, ce qui est pire, n'éprouvait nullement le
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