L' art: revue hebdomadaire illustrée — 8.1882 (Teil 2)

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D'A^T JAPONAIS

On a longtemps supposé, sous l'influence des doctrines acadé-
miques, que Ticléal variait avec les races et les climats. Cette erreur
physiocratique tend à disparaître, grâce aux nombreuses découvertes
d'importants spécimens d'arts méconnus ou disparus, récemment
opérées en Orient. Les Français, superficiels et anti-cosmopolites, à
la fois fétichistes et iconoclastes, sont en retard, à cet égard, sur
les étrangers. On croit communément, parmi nous, que les Japonais,
par exemple, n'ont pas hanté les sphères sidérales où fleurit l'esthé-
tique transcendante, et que leur génie ne s'est manifesté que par
des ce taches » éblouissantes et des « bibelots » étincelants. 11 est
cependant notoire que les Chinois, dont la civilisation « sublimée »
se perd dans la nuit du passé, leur ont révélé les arcanes du grand
style.

J'ai vu des peintures japonaises d'un caractère inoubliable, qui
justifient ce que j'affirme, et il devient incontestable, en présence
de ces éclatants témoignages, que l'étendue du clavier artistique
des habitants du Nippon s'étend jusqu'aux confins de l'entendement
humain. Leur poétique plastique embrasse les conceptions du mysti-
cisme exalté et les scrupuleuses exactitudes du naturalisme précis ;
elle va des discrètes mélodies aux brillantes orchestrations de la
couleur et de fimpeccabilité linéaire du dessin, prescrit et consacré
^j^Ssâè—^^^: comme un rite, à la libre initiative des interprétations personnelles.

Quoaten (la lune). Ces affirmations motivées s'appuient sur des documents authen-

une des douze divinités du temple de Kunôji. tiques consistant en une collection de « kakémono » caractéristiques.

Dessin de René de la Fontinelle, n

d aprés une peinture japonaise. L'un raconte dramatiquement la mort de Bouddha ; deux procèdent

(Collection de M. Le Blanc du Vernet.

d'un genre de compositions que les Japonais désignent sous le nom
de « mandara » ; douze représentent chacun une divinité ; celui-ci immortalise l'apparition
mystagogique d'un a sennin » ; celui-là interprète des poissons avec un lyrisme entraînant, enfin
une série de sept œuvres incomparables retrace divers épisodes de la vie apostolique de Çakya-
Mouni-Bouddha.

Dans le « kakémono » représentant la mort de Bouddha, — sujet aussi souvent évoqué par
les artistes de l'Extrême-Orient que les motifs de l'Ancien et du Nouveau Testament par les

i. Voir l'Art, G" année, tome Ie', page 286; tome 11, pages 102 et 25o, et tome 111, page 229.
Tome XXIX.

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