L' art: revue hebdomadaire illustrée — 8.1882 (Teil 2)

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Cartouche composé par A. Mitelli.

Le bijou assez original dont nous donnons ici la gravure, d'après les
dessins d'un de nos amis à qui il appartient, se compose d'une petite montre
renfermée dans une boite d'argent ayant la forme d'une tète de mort et sur
laquelle est gravée la funèbre devise : Mémento mori. Les boîtes de montre
de ce genre, et du même métal, qui datent comme celle-ci du xvie siècle,
sont assez rares. Le Musée Sauvageot n'en possède point. Dans la collection
de feu M. Grille, d'Angers, il y en avait une aux armes d'une abbesse de la
maison Turpin de Crissé. Une autre, sans armoiries, est indiquée sous le

dans une boite à tète de mort, ,

en argent (xvi« siècle). numéro 1689 dans le Catalogue du Musée rétrospectif de l'Union centrale,
de 1867

Les bijoux en forme de tète de mort, ou accompa<més de tètes de mort, étaient d'un usage
fréquent au xvie siècle. C'étaient des bijoux de deuil que portaient surtout les veuves ou les
femmes qui voulaient faire parade de leur douleur. Brantôme s'est chargé de nous l'apprendre.
« j'ai connu, dit-il, deux belles et honnêtes dames (Marguerite de Valois et la duchesse de
Nevers), lesquelles ayant perdu leurs serviteurs en une fortune de guerre (il s'agit de La Mole
et de Coconnas, morts non point à la guerre, mais sur l'échafaud), montrèrent leur deuil par
leurs habits bruns, les eau-bénitiers, les aspergés d'or engravés, les tètes de mort et toutes sortes
de trophées de la mort en leurs affiquets, joyaux et bracelets qu'elles portoient, qui les escanda-
lisèrent fort et cela leur nuit grandement; mais leurs maris ne s'en soucioient autrement. »

Dans un autre passage que nous citerons en entier, car il est fort piquant et offre quelques
particularités qu'on chercherait vainement ailleurs, Brantôme raillant les veuves qui, après un

1. Nous devons ces deux renseignements à notre ami M. Darcel, qui nous a signale encore une montre ilu même genre, en vermeil,
sous le couvercle de laquelle on voit un écu losange aux armes de Ligne et île Melun, et qui paraît être du xvh* siècle. Ce bijou appartient
« M. le baron Pichon.

Dans le catalogue de Y Horlogerie, faisant partie de la collection Soltykofl', figure la pièce suivante: «Montre de cristal de roche, en
forme de tête de mort, en partie encore couverte de peau, exécutée par Jacques Joly, de Paris, fin du xvii" siècle. »

Enfin ie catalogue du Musée de Cluny mentionne, sous le numéro 53(J9, une « tête de mort en buis sculpté, renfermant une petite
horloge, xvn» siècle. »

Tome XXIX. 3
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