L' art: revue hebdomadaire illustrée — 8.1882 (Teil 2)

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LA MADONE DE SANTA CHIARA

Dans les Antiquités de Picène de l'abbé Colucci, publiées à Fermo en 1794, il y a
une citation d'une vieille chronique dont le manuscrit a été jusqu'à ces derniers temps
conservé dans le couvent des Mineurs Conventuels, à Macerata. Un membre de cet
ordre, le Père Horace Civalli, à la date de i58o, rappelle la visite qu'il fit à Urbino
en qualité de frère gardien des couvents des Franciscains de cette ville.

« Je ne mentionnerai pas ici toutes les églises », écrit-il, « mais je parlerai tout
de suite de Santa Chiara, où l'on trouve deux objets clignes de remarque. L'un est un
tableau d'un pied et demi de haut, représentant la sainte Vierge tenant son fils dans
ses bras; c'est une œuvre de Raphaël Sanzio d'Urbino, et ce tableau est conservé
avec un soin extrême par les saintes femmes. »

C'est du tableau dont le Père Civalli a ainsi parlé, soixante ans seulement après
la mort de Raphaël, que nous mettons la gravure sous les yeux du lecteur.

11 est peint a tempera, sur un fond d'or composé de longs rayons qui s'étendent
jusqu'aux bords du tableau. Au bas est un paysage. Le manteau de la Vierge est bleu,
doublé de samite vert et bordé d'une frange d'or et d'une broderie. La robe de
dessous est de couleur cramoisie, avec des ornements d'or aux manches et au collet,
sur lequel tombe une tresse soyeuse de cheveux blonds. On déchiffre le monogramme
de Raphaël sur la bande de broderie qui passe en travers de la gorge. L'enfant a les
: cheveux couleur d'or et il est enveloppé d'une légère draperie blanche.
.Jîê^M^iX Dans son Elogio storico di Ràffaele Santi (Urbino, 1822) Pungileoni cite la ^0MMMÛ^^

chronique dont nous parlons et ajoute : « Le tableau appartenant aux religieuses de
Santa Chiara se trouve clans leur couvent et y est gardé avec la plus grande jalousie.
Ni Algarotti, qui parcourut l'Italie pour acheter des objets d'art au compte de Frédéric,
roi de Prusse, ni le marchand de tableaux Willi, ne réussirent à l'emporter à l'étranger,
ainsi qu'il est arrivé à tant d'autres peintures. »

Mais Pungileoni, lorsqu'il écrivit la généalogie de la famille Santi, copia ou fit
copier par quelqu'un une inscription placée derrière le tableau et portant une date
encore plus ancienne que celle de la chronique de Civalli, et, à la suite d'une erreur
commise dans la copie et clans l'interprétation, il déclara que l'inscription était fausse
et l'origine du tableau douteuse. Passavant ne fait que recopier l'inscription de
Pungileoni dont il se fait l'écho en niant que l'œuvre soit de Raphaël ; d'autres
suivent, parmi eux Cavalcaselle, et tous tombent dans la même erreur.

Motifs du cloi tk e de San Juan de l o s Rêves, a Tolède.
Dessin de Henri Toussaint.

Tome XXIX.

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