L' art: revue hebdomadaire illustrée — 8.1882 (Teil 2)

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DE L'INFLUENCE DE LA FRANCE SUR L'ART ROMAN EN AUTRICHE. 23g

VHôtel de ville de Noyon, par M. Selmersheim ; la Tour Saint-Aubin, relevée à Angers par
M. Raulin; les travaux de M. Simil sur la Cathédrale de Bayeux; la Restauration du château
de Rochechouart, de M. Naples; celle du Château d'Amboise, qui s'exécute en ce moment sous
la direction de M. de la Roque ; les études de M. Gout sur les Monuments de Saint-Émilion.

Enfin mentionnons, parmi les dessins, les croquis de M. Roguet, qui est un artiste d'un talent
fin et distingué; les aquarelles de MM. Bruyerre, Chancel, Claude David, Jourdain; les relevés
de MM. Caddau, Paul Boeswilwald, Poussin et Laffillée.

Certainement dans cette rapide nomenclature quelques travaux intéressants sont oubliés, mais,
en somme, ils n'ont qu'une importance secondaire, et c'est avec peine qu'il faut constater la
pauvreté de ces expositions d'architecture qui tendent à ne devenir que des exhibitions d'études
d'élèves de l'École et de projets déjà exposés ailleurs, et enfin de croquis faits il y a longtemps,
envoyés au Salon par leurs auteurs dans le seul but de leur faire obtenir une entrée ou le droit
de prendre part à la nomination du jury. Cette observation s'adresse aux architectes dits classiques
comme aux autres, mais au moins on reconnaîtra que ceux-ci, qui sont en majorité et qui
n'arrivent plus à se faire représenter parmi les jurés, usent de la seule chance qu'ils peuvent
avoir. Hélas! ils n'y réussiront cependant pas et il serait équitable, de la part de la Commission
du Salon qui est omnipotente, de chercher le moyen de remédier à cette situation; les sculpteurs
qui, comme les architectes, sont divisés en deux camps, ont trouvé sinon la solution, du moins
un remède à l'écrasement de la minorité, en votant pour un grand nombre de noms parmi lesquels
le sort désigne les jurés ; ne pourrait-il en être de même chez les architectes ?

A. de Baudot.

DE L'INFLUENCE DE LA FRANCE SUR L'ART ROMAN EN AUTRICHE1

SUITE

Longtemps on a pris les œuvres de la période romane
pour des produits de l'art byzantin. C'est là une erreur des
anciens archéologues dont l'inexactitude a été démontrée de
nos jours jusqu'à l'évidence. Ce qui appartient incontestable-
ment à l'Orient dans l'art en Autriche ce sont, en somme, des
manifestations isolées, et même l'on ne trouve de traces de
byzantinisme que dans les branches inférieures de l'art, en
particulier dans les arts industriels. Mais il est vrai que l'art
byzantin a exercé une influence durable, sérieuse, profonde,
qu'il a pris racine dans les provinces slaves de la monarchie
autrichienne. Les deux apôtres qui convertirent ces contrées
au christianisme étaient d'origine byzantine, et l'un d'eux, saint
Méthodius, est célébré comme peintre dans les légendes. Il est
même probable qu'il fut un de ces moines-artistes, comme il
en existe encore dans les couvents du mont Athos. Ce qu'on
rapporte au sujet de son tableau du Jugement dernier, qui
provoqua, au dire des légendes, la conversion de Bogoris,
souverain des Bulgares, indique, en effet, qu'il devait être
conçu dans le style byzantin.

J'ignore jusqu'à quel point peut être exacte l'opinion émise
par quelques auteurs, d'après lesquels des moines byzantins
seraient venus s'établir en Bohême où ils auraient influé sur
l'architecture. En règle générale, on peut dire que les objets
d'art industriel d'origine byzantine furent seuls à cette époque
répandus en Autriche.

Au sujet de l'évêque Altmann, on raconte qu'au moment
où il commençait à ériger Gœttweih, un envoyé du duc de

Bohême vint lui apporter une tabulam egregia cœlatura
pretiosam in qua imago sanctœ dei genitricis Maria;, grœco
opère, formabatur, et qu'il fit placer cette image de la Vierge
sur l'autel de la nouvelle église.

Le duc de Bohême dont il est question ici ne peut être
qu'un des fils de Spitignew qui avait épousé Ida, de la maison
de Wettin, dont l'évêque Altmann lui-même serait, selon
certains auteurs, un descendant.

Au xir siècle on cite encore le mariage de la petite-fille
de l'empereur Manuel, Théodora, avec le duc d'Autriche. Elle
fit son entrée à Vienne en i i5o. Mais ce mariage du souverain
de l'Autriche avec une princesse d'origine grecque ne parait
guère avoir eu d'influence sur les tendances artistiques. Il en
fut de même, plus tard, pour le mariage de Léopold le Glorieux
avec Théodora Comnena (i2o3), et bien auparavant, pour le
mariage de l'empereur Othon avec la princesse Théophanie,
ainsi que le constatent Schnaase et tous les historiens de notre
époque. On trouve encore, conservés par les moines de quel-
ques couvents en Autriche, des bas-reliefs en ivoire, des bijoux
en or, et nombre de petits objets d'art de même nature, qui
sont d'origine byzantine, et qui peut-être furent importés en
Autriche à l'occasion de ces mariages et probablement aussi
pendant les croisades. C'est ainsi, par exemple, qu'en 1204
Baudouin envoie à Léopold VII deux fragments de la sainte
croix, montés très artistement.

Quoi qu'il en soit, il est bien certain que cette semence
étrangère ne prospéra point sur la terre autrichienne, et que

!. Voir l'Art, 8e année, tome II, page 137
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