L' art: revue hebdomadaire illustrée — 8.1882 (Teil 2)

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i8 L'ART.

grand étalage de leur désespoir, finissent par « se hausser en joie et songer au monde », ajoute :
oc Au lieu de têtes de mort qu'elles portoient ou peintes ou gravées et élevées (en relief), au lieu
d'os de trépassés mis en croix ou en lacs mortuaires, au lieu de larmes ou de jayet (jais) ou d'or
émaillé, ou en peinture, vous les voyez convertir (ces objets) en peintures de leurs maris portées
au col, accommodées pourtant de têtes de mort et larmes
peintes en chiffres, en petits lacs ; bref en petites gentil-
lesses, déguisées pourtant si gentiment que les contemplans
pensent qu'elles les portent et prennent plus pour le deuil
des maris que pour la mondanité. Puis, après, ainsi qu'on
voit les petits oiseaux qui, quand ils sortent du nid, ne se
mettent du premier coup à la grand'volée, mais voletants
de branche en branche, apprennent peu à peu l'usage de
bien voler, ainsi ces veuves sortant de leur grand deuil °NTiR

° dans une boite à tête de mort, en argent.

désespéré, ne se montrent au monde sitôt qu'elles l'ont (xvi« siècle.)

laissé, mais peu à peu s'émancipent, et puis tout à coup

jettent et le deuil et le froc de leur grand voile sur les orties, comme on dit, et mieux que
devant reprennent l'amour en leur tête, et ne songent rien à tant qu'à un second mariage. »

Ajoutons, pour terminer ce petit aperçu des bijoux de deuil en usage dans la seconde moitié
du xvie siècle, qu'à cette époque, suivant le même auteur, les veuves n'auraient osé porter des
pierreries autrement qu'en bagues, mais elles pouvaient en garnir leurs ceintures, leurs miroirs
et leurs livres d'heures. Pour orner leurs bras et leur cou, les perles seules leur étaient permises.

Ludovic Lalanne.

NOTRE BIBLIOTHÈQUE

CCXCI

The Art Amateur; A Monthly Journal Devolcd to the Culti-
vation of Art in the Household. Montague Marks, Editor and
Publisher, 23, Union Square, New York.

On se fait d'étranges illusions en Europe lorsqu'on s'ima-
gine que les Etats-Unis ne possèdent point de journaux d'art.
Celui dont nous parlons aujourd'hui en est à son sixième
volume, de format presque égal à celui de l'Art. L'examen
d'un numéro suffira à donner une idée de la façon dont est
comprise et exécutée cette publication mensuelle. Prenons le
numéro quatre du sixième volume, celui du mois de mars de
cette année. Il débute par le compte-rendu de l'Exposition du
Club des Aquafortistes — Etching Club's Exhibition; — vient
ensuite un article consacré à une association nouvelle qui va
constituer un Salon des Refusés à la suite de l'ostracisme
dont la Société des Aquarellistes américains — American

Water Color Society — a frappé quelques milliers (sic)
d'oeuvres qui lui étaient soumises.

Le rédacteur en chef fait au vingt-septième volume de
l'Art l'honneur de lui consacrer son troisième article, qui est
suivi de trois colonnes de « faits divers » sous ce titre : My
Note Book. Immédiatement après, M. Clarence Cook passe en
revue les principales œuvres de l'exposition de Y American
Water Color Society; son étude est accompagnée de quatorze
fac-similés de dessins originaux d'exposants.

Nous trouvons ensuite d'intéressants et utiles conseils
adressés aux jeunes étudiants de la National Academy of
Design de New-York par son président M. Huntington, et par
M. W. B. Richmond, l'excellent peintre anglais, à ses dis-
ciples.

La seconde partie du numéro est consacrée à la décora-
tion et à l'ameublement — Décoration and Furniturc.

La troisième partie traite de la Céramique, tandis que la
quatrième est exclusivement réservée au Bric-à-Brac (sic), la
cinquième à l'art dans le vêtement — Art in Dress — et la
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