L' art: revue hebdomadaire illustrée — 8.1882 (Teil 2)

Page: 58
DOI issue: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art1882_2/0075
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
L'ART.

58

Matteo dal Nassaro, peintre, orfèvre et graveur en
pierres fines et monnaies;

Domenico ui Polo, graveur en pierres fines et monnaies
et médailleur;

Giovan Iacopo Caraglio, graveur au burin et en pierres
fines, médailleur et architecte;

Benvenuto Cellini, orfèvre, sculpteur, graveur en mon-
naies et médailleur ;

Pastorino de Sienne, peintre, verrier, graveur en mon-
naies et médailleur;

Leone Leoni, orfèvre, sculpteur, graveur en monnaies et
médailleur ;

Iacopo da Trezzo, sculpteur, graveur en pierres fines et
médailleur ;

Federico Bonzagna, orfèvre, sculpteur, graveur en mon-
naies et médailleur ;

Giovan Battista Sozzini, peintre et médailleur ;

Giovan Paolo Poggini, orfèvre, graveur en pierres fines
et monnaies et médailleur ;

Lodovico Leoni, peintre, modeleur, graveur et médailleur;

Antonio Abondio le jeune, peintre, sculpteur et médailleur ;

de l'art et triompheront dans toutes, ainsi que l'ont fait tant
de maîtres de la Renaissance.

II

Dans la préface de ses Médailleurs si justement dédiés par
M. Alfred Armand « à la mémoire de M. His de la Salle, en
témoignage de sa reconnaissance et de ses regrets », il remercie
tous ceux qui lui ont prêté leur obligeant concours et entre
autres M. Aloïss Heiss, qui « a bien voulu également mettre
sa collection à la disposition de l'auteur, et, de plus, le faire
profiter des matériaux qu'il avait recueillis dans un but ana-
logue ».

Depuis, M. Heiss s'est entendu avec M. J. Rothschild qui
l'a princièrement édité. Sous le rapport typographique et artis-
tique, il n'y a qu'à louer sans réserve les deux premiers
volumes, le Pisano, publié en 1881, et Francesco Laurana et
Pietro da Milano qui viennent de paraître.

Pour compléter immédiatement la juste et large part de
l'éloge, j'ajouterai que le plan de M. Heiss a le mérite, tout en
étant très savant, d'être parfaitement conçu pour séduire les
amateurs qui ont plus de goût que d'érudition et assurer aussi

Pompeo Leoni, sculpteur et médailleur ;
Domenico Poggini, orfèvre, sculpteur, graveur en mon-
naies et médailleur.

Si tant d'aptitudes diverses chez ces maîtres éminents
dont la presque totalité des artistes modernes ignore, hélas !
même les noms, si ces talents si variés réunis en une même
personne ne donnent pas enfin sérieusement à réfléchir à tous
ceux qui, dans les sphères officielles, discourent à tort et à
travers à propos de beaux-arts, c'est à désespérer de tout
progrès artistique par l'enseignement public donné aux frais
de l'État; l'école, au lieu de subir une action régénératrice et
d'une fécondité durable, ira se perdant de plus en plus dans
la mortelle routine académique et dans de pitoyables excen-
tricités.

Que l'artiste moderne se meuble l'esprit comme ses
illustres devanciers, qu'il devienne réellement instruit, qu'il
soit profondément savant dans son art, qu'il cesse d'avoir la
folle présomption de faire œuvre de maître alors qu'il n'est
encore qu'un écolier médiocre, et nous reverrons de robustes
générations qui s'attaqueront avec sûreté aux diverses branches

(Revers.)

Pisano, dit Pisanello. — Médaille en argent du Cabinet de France.

aux médailleurs de la Renaissance tout un public nouveau
d'admirateurs, parmi lesquels l'élément féminin se trouvera
très amplement représenté, élégantes conquêtes que la science
unie à l'art ne saurait dédaigner.

Cela dit, je ne m'explique pas que M. Heiss soit si bref
au sujet du Pisanello. Un maître d'aussi haute valeur méritait
« plus d'écriture», ainsi que vient de le démontrer avec tant
d'autorité M. le vicomte de Tauzia, le savant et trop modeste
conservateur du Musée du Louvre, dans la belle étude dont
les lecteurs de l'Art ont eu la bonne fortune d'avoir la pri-
meur '.

M. Heiss s'est à peu près borné à rectifier l'erreur de
M. Armand qui a donné 1431, comme date de la mort de
Vittore Pisano, au lieu de 1456; mais M'. Heiss se trompe à
son tour en fixant le décès au mois de mars. Le Pisan est
mort en octobre et cela résulte des lettres mêmes de Charles
de Médicis.

En dehors de cette question d'état civil, les quelques
lignes écourtées et fort sèches de l'auteur ne nous apprennent
rien sur la vie, et pas plus sur la caractéristique du double
talent du Pisanello.

Ce que je m'explique moins encore, ce sont les hésitations
de M. Heiss; c'est ainsi qu'à propos du Recueil Vallardi,

1. Voir l'Art, 8" année, tome I, page 221.
loading ...