L' art: revue hebdomadaire illustrée — 12.1886 (Teil 1)

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Fleuron composé et dessiné pour « i.'Art » par J. Harert-Dïs.

L'ARCHITECTURE AU SALON

es architectes sont aujourd'hui très divisés
dans leurs recherches comme dans leurs
tendances, et de l'absence d'efforts com-
muns, il résulte un véritable chaos duquel
il est impossible de dire ce qui sortira tôt
ou tard. Cette situation était inévitable et
ne s'explique que trop pour qui connaît un
peu le mode d'enseignement et d'éducation
donné à cette catégorie d'artistes, et il est à
craindre que le Salon annuel, au lieu d'y apporter
des améliorations, ne soit une cause constante
d'aggravation par suite de la complaisance et de
l'esprit de camaraderie que le jury apporte dans
la réception des envois et dans la distribution des
récompenses.

En vérité, on ne voit pas ce qu'a gagné l'art à la
constitution de cette fameuse Société des Artistes qui, sous
prétexte de liberté, décourage par des procédés mesquins,
dans la section d'architecture tout au moins, tous les chercheurs indépendants. Ne vient-elle
pas, en effet, de décider qu'à l'avenir tous les artistes faisant partie de la Société, qu'ils exposent
ou non, auraient le droit de vote pour la nomination du jury, en ce qui concerne les architectes,
il n'était pas possible de fermer plus catégoriquement la porte à la minorité qui, malgré un
nombre cependant respectable de membres, ne pourra plus à jamais se faire représenter. Et Dieu
sait, cependant, s'il est nécessaire dans un jury d'architectes d'avoir pour soi, en toute sincérité
bien entendu, des juges pouvant et voulant au moins prendre la peine d'expliquer et de soutenir
un ordre d'idées que des plans et des dessins ne suffisent pas la plupart du temps à faire
ressortir! Il est vrai qu'en général les jurés se préoccupent fort peu aujourd'hui de trouver des
idées et qu'ils sont surtout sensibles à des arrangements plus ou moins opportuns et à des vues
plus ou moins bien rendues, comme on dit dans le langage professionnel. Hélas ! c'est bien là le
mal contre lequel il faut réagir ; mais on se demande comment on parviendra à combattre cette
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