L' art: revue hebdomadaire illustrée — 12.1886 (Teil 1)

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Saint Christophe
Dessin de Martin

portant l'Enfant Jésus.
Schongauer. (Musée de Bâle.)

UN ARTISTE ALSACIEN AU XVe SIECLE : ETUDES SUR MARTIN SCHOEN

LES DESSINS DU MUSÉE DE BALE1

(suite)

Je commencerai mon examen par l'étude des dessins à j II est permis de supposer que les confusions ne sont pas
la plume. Ce procédé a été particulièrement affectionné plus nombreuses dans l'appréciation des dessins que dans
par Schongauer, sans doute parce qu'il offrait le plus celle des peintures ; or, pour ces dernières, on peut dire
d'analogies avec le travail de la gravure au burin. Dans qu'un abîme sépare celles du maître et celles de l'école. Au
ces pages franches et loyales, les artifices, les tâtonne- musée de Bâle, par exemple, tout amateur qui s'est le
ments, les repentirs, qui sont la marque de la médiocrité, moins du monde occupé de l'école allemande ancienne
n'étaient plus de mise; l'artiste était obligé de dire en se convaincra du premier coup d'ceil que les panneaux

quelques traits concis et énergiques tout ce qu'il savait,
tout ce qu'il désirait. La sanguine, la gouache, la pierre

exposés dans la salle des peintures sont d'un élève de
Schœn, non de lui. La même expérience est facile à faire

noire, le lavis, convenaient moins au talent du maître alsa- ! pour les tableaux de l'église Saint-Pierre-le-Vieux de

cien. Aussi semble-t-il en avoir fait rarement usage, ainsi Strasbourg, tableaux qui, après avoir longtemps été sous-

d'ailleurs que de la mine d'argent, si chère aux primitifs ; traits à l'étude, viennent de reparaître à la lumière : la

italiens, flamands et allemands. Dans tous les cas, le dessin j Résurrection, ^.Apparition du Christ à Madeleine, Vlncré-

ù la mine d'argent exposé au Louvre sous le nom de dulité de saint Thomas.

Schongauer, Un Damné tourmenté par des démons, est, Ceci dit, j'en viens à l'examen des dessins conservés

non seulement étranger au maître, mais encore à l'école , dans les recueils du Musée de Bâle.

allemande. C'est un dessin flamand, des plus nettement
caractérisés, et l'on s'étonne à bon droit de voir les
savants conservateurs de notre grand Musée national
conserver une attribution absolument controuvée.

Malgré la multiplicité des artistes qui entourent le chef
de l'école colmarienne, artistes dont plusieurs appartiennent
même à sa famille et ont dans leurs veines le même sang
que lui, les limites qui séparent son domaine des leurs sont
nettement tracées et faciles à reconnaître toutes les fois que
l'œuvre, par son étendue, se prête à un examen sérieux.

i. Voir l'Art, I2« année, tome I", page 72.

Vol. U. 1, n° 4. Cinq oiseaux exotiques assis sur des
fleurs ou des banderoles. Haut., 21 cent. 1/2 ; larg., 26 cent.
Leurs attitudes sont différentes de celles des oiseaux
figurés dans la gravure Bartsch, n° 114. D'après M. le
D1 Lehrs, directeur du Cabinet des Estampes de Dresde,
ce dessin serait l'œuvre du maître E. S.

— N°7. L'archange saint Michel, tenant l'Enfant Jésus,
transperce de sa lance le démon. L'ancien monogramme
M -j- S inscrit à gauche a été effacé et remplacé par un
autre qui ne paraît pas moins apocryphe. Dessin d'une
authenticité plus que douteuse.
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