L' art: revue hebdomadaire illustrée — 12.1886 (Teil 1)

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contre, par la présence de ce personnage couronné,
quelque poète de la Renaissance, dont on ne peut deviner
l'emploi dans l'œuvre du maître. Haut., 11 cent.;
larg., 16 cent.

— N° 89. Vieillard à grande barbe, tenant de la droite
une sorte d'écusson. N'est très certainement pas de Schon-
gauer, pas plus que le n° 100, qui lui est aussi attribué par
un des annotateurs de ce recueil. La facture est trop
maniérée, trop grêle et trop hachée pour qu'il soit permis
de penser à notre artiste.

— N° 90. Femme aux cheveux nattés, face, mi-corps,
tenant une fleur. Probable.

— N° 91. Etude de femme. Elle est représentée à
mi-corps, priant, les yeux levés vers le ciel. Son visage
est tourné vers la gauche. Une coiffure très riche, sem-
blable à une mitre, couvre sa tête qui est assez belle pour
être de notre artiste, mais sans rentrer tout à fait dans sa
manière. Longue chevelure. Ressemble aux n0s 81 et 90
du même volume, ainsi qu'au n° 92, que nous allons
décrire.

— N° 92. Etude de femme. Elle est représentée à
mi-corps, comme la précédente, et dans la même attitude.
Ses mains jointes montrent des doigts d'une longueur
démesurée. Elle a une coiffure rembourrée ressemblant
vaguement aux chapeaux connus sous le nom de fré-
gates. Haut., 183 millim.; larg., iq5 millim.

— N° 95. Chevalier conduisant son cheval par la
bride. Ce personnage, botté et éperonné, ayant pour coif-
fure une sorte de feutre mou orné d'une plume, se dirige
vers la droite. Les formes du cheval sont convention-
nelles. L'ensemble se rapproche de certaines pièces gra-

vées du maître. Haut., io5 millim.; larg., 152 millim.
Possible.

— N° 96. Homme nu monté sur un cheval lancé au
galop. Il brandit un bâton. Au fond on aperçoit une ville.
Facture pâle et grossière. Haut., io5 millim.; larg.,
1 5 1 millim. Même observation que pour le n° précédent.

— N° 97. Singe assis devant un tas de fruits vers les-
quels il étend la main. Autour de son cou est passée une
chaîne à laquelle pend un boulet. Dessin légèrement lavé,
assez faible et de peu d'importance. C'est sans doute une
note prise lors du passage de quelque ménagerie et mise
en réserve pour être employée à l'occasion. Les mêmes
observations s'appliquent à un cerf couché, n° 98, et à un
dragon également couché, n° 99. Au fond, il importe peu
de savoir de qui sont ces études si banales.

Vol. U. i5, n°32. La Vierge debout avec l'Enfant Jésus.
Copie ancienne, avec quelques variantes, de la gravure
B. 28. L'enfant, tourné de face dans la gravure, est ici vu
de trois quarts; au lieu de baisser les mains, il lève la
droite ; la tête de la Vierge est aussi moins inclinée. Cette
dernière est d'un type commun, son lils est franche-
ment laid. Ecole de Martin Schœn. Haut., 20 cent.;
larg., 14 cent.

Il nous reste à étudier, pour terminer ce dépouillement,
les dessins des mêmes volumes qui ne sont pas exécutés
à la plume seulement. On remarque dans le nombre une
suite des plus intéressantes de Vierges sages et de Vierges
folles. Nous publierons prochainement cette seconde
partie de notre travail.

Eugène Mûntz.

(La suite prochainement.)

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Les Artistes célèbres. Rembrandt, par Emile Michel.
Paris, Librairie de l'Art, J. Rouam, éditeur, 29, Cité
d'Antin. In-8° de 126 pages.

Je ne crois pas qu'il soit possible de tout dire en
moins de pages sur le maître qui, s'il « est peut-être le
plus original de tous les peintres, est certainement le plus
célèbre de tous les graveurs 1 », ni de le dire avec plus de
savoir, de conscience et de goût.

L'année 1885 a été tout particulièrement heureuse
pour M. Emile Michel, dont le caractère et la vie inspirent
immédiatement respect et sympathie à quiconque a l'hon-
neur de l'approcher. Le paysagiste a vu mettre le sceau à
sa réputation par l'achat, pour le Musée du Luxembourg,
de sa belle toile : Vue prise dans les dunes près de
Haarlem2, et la haute valeur du lettré a été définitivement
consacrée par son admirable premier volume des Musées
d'Allemagne* et par ce Rembrandt, véritable joyau de
biographie artistique. Le choix de M. Emile Michel pour
retracer cette illustre carrière est le plus éloquent témoi-
gnage de l'extrême conscience et du tact accompli qu'ap-
porte M. Eugène Mûntz dans la direction de cette nouvelle
et très excellente publication des Artistes célèbres dont il
est le fondateur.

Pourquoi faut-il que l'année 1886 se soit ouverte en
frappant le père du coup le plus affreux! Sa fille, la char-

1. Rembrandt, page 3.

2. Voir dans l'Art, 11° année, tome I", page 222, le dessin de
l'artiste d'après son tableau du Salon de 1885.

3. Publié à la Librairie de l'Art, dans la Bibliothèque internatio-
nale de l'Art, fondée et dirigée avec tant de talent par M. Eugène
Mûntz.

mante femme de M. Maxime Collignon que j'avais vue
quelques jours auparavant semant autour d'elle la grâce
et l'esprit, leur a été enlevée en quelques heures. La rédac-
tion de Y Art et du Courrier de l'Art tout entière s'est
associée au deuil cruel de nos deux chers collaborateurs et
de leurs familles. C'est là un de ces malheurs si profonds
qu'il n'existe pas de mots pour en exprimer l'étendue;
l'étude est le seul refuge auquel on puisse demander, non
la consolation, mais un certain apaisement d'un tel déchi-
rement du cœur.

L'étude, M. Michel et M. Collignon en ont heureuse-
ment le culte.

Le premier s'occupe depuis longtemps d'un livre qui a
pour sujet le Paysage; il puisera dans cet important tra-
vail la force de commander à ses larmes et de donner
l'exemple du courage à sa digne compagne, à tous ceux
qui restent groupés autour de son foyer. A son retour de
Hollande, je n'ai pu entendre sans émotion M. Emile
Michel me parler du grand Ruisdael ; on n'en sent pas
plus vivement la poésie voilée, les tristesses contenues.
Le souvenir de celle qui n'est plus et qui était si bien faite
pour comprendre les délicates émotions paternelles se
réflétera profondément, j'en suis certain, dans l'œuvre
nouvelle ; j'ignore si elle lui sera officiellement dédiée,
mais Mm0 Collignon en sera à coup sûr en maintes pages la
touchante inspiratrice.

Le doute ne m'est pas permis à cet égard ; j'ai trop
gardé le précieux souvenir de la sincérité pénétrante avec
laquelle Mme Collignon accueillit les félicitations que je
lui adressais au sujet du Rembrandt de son père; si court
qu'ait été notre entretien, il était aisé de s'apercevoir
qu'elle possédait l'œuvre comme si elle y avait été associée.
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