Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 11.1875

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LES IVOIRES

DE FRANÇOIS DUQUESN.OY

e travail de l'ivoire a une grande
importance dans l'histoire de la sculp-
ture antique. Non-seulement les plus
anciens poètes font mention d'ouvrages
en ivoire, mais les chefs-d'œuvre les
plus célèbres de la statuaire grecque,
le Jupiter Olympien ou la Minerve du
Parthénon, attestent l'importance que
les anciens attachaient à cette matière,
qu'ils employaient pour des statues de
grandeur colossale, et qui était même
en usage parmi les architectes, pour la décoration intérieure des palais
et des temples. Le moyen âge, la Renaissance et les temps modernes ont
également mis l'ivoire à contribution pour des ouvrages d'art, mais
l'usage en est devenu beaucoup moins fréquent, et c'est seulement
pour des ouvrages de petite dimension que l'ivoire est employé de nos
jours.

Parmi les sculpteurs modernes qui se sont le plus particulièrement
attachés au travail de l'ivoire, il faut citer en première ligne François
Duquesnoy, plus connu sous le nom de François Flamand. C'est un des
rares statuaires qu'ait produits la Belgique, si féconde en grands pein-
tres; le caractère de son talent pourrait presque le faire ranger parmi
les coloristes, si ce nom pouvait s'appliquer à des ouvrages mono-
chromes. Il est certain que François Duquesnoy s'est plus préoccupé
des frémissements d'épidémie qui font vivre et palpiter la chair, que
des grandes lignes qui constituent un type.

Duquesnoy a fait de grands travaux pour la décoration des monu-
ments publics : le saint André de la basilique de Saint-Pierre de Rome est
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